Le 11 janvier, le Rpg arc-en-ciel a tenu son assemblée générale hebdomadaire à Gbessia. Le parti tance la junte pour n’avoir pas honoré ses engagements. Il l’accuse aussi d’avoir consacré des millions de dollars à l’achat des armes plutôt qu’à organiser des élections pour rendre le pouvoir aux civils.

Les deux ans de Transition conclus avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest sont échus le 31 décembre 2024, mais le CNRD (Comité national du rassemblement pour le développement) est toujours aux commandes. Le bureau politique du Rpg arc-en-ciel dénonce un manque de volonté de rendre le pouvoir à des civils élus. « Le Président Mamadi Doumbouya avait promis solennellement de rendre le pouvoir dès le 31 décembre 2024, la promesse n’a pas été tenue. Nous regrettons cela, car l’homme, c’est la parole. Quand un officier prend un engagement, il doit l’honorer », indique Aboubacar Demba Dansoko, du bureau politique nationale du RPG. Selon lui, la Guinée n’a pas de magistrats « courageux » pour demander des explications au Président Doumbouya qui a passé outre sa promesse. 

« Nous souhaiterions que la justice laisse les citoyens à s’exprimer librement par rapport à la situation de leur pays, à dénoncer ce qui ne va pas. Les leaders religieux sont une référence dans notre société. Dans les conditions normales, quand la situation est tendue, nous devons les entendre intervenir. Certains religieux se démarquent, mais beaucoup sont dans un silence assourdissant », fustige M. Dansoko.

Après la manifestation du 6 janvier appelée par les Forces vives de Guinée dans le Grand-Conakry pour demander le départ de la junte du pouvoir, le Rpg arc-en-ciel annonce que des consignes seront prochainement données aux militants à l’intérieur du pays. Histoire, à leur tour, de dénoncer « la mauvaise gestion » de la Transiton et d’exiger le retour à l’ordre constitutionnel.

Aboubacar Demba Dansoko exhorte les Forces vives de Guinée à resserrer les rangs, « le combat n’est pas terminé. Il ne finira que lorsque ceux qui ont usurpé le pouvoir le rendront. »

« Tentatives d’incrimination »

Le Rpg accuse des individus de vouloir incriminer des partis politiques en déposant des armes aux QG ou aux domiciles des leaders politiques. « Nous attirons l’attention de l’opinion nationale et internationale que des informations font état de la volonté des personnes mal intentionnées de semer des troubles, de créer la confusion en essayant d’incriminer les partis politiques. Celui qui tente cela, nous trouvera sur son chemin. Nous n’avons pas besoin d’armes pour mener le combat politique que nous sommes en train de mener. Nous sommes pacifistes. Si tel n’était pas le cas, depuis le 5 septembre 2021, il se trouverait que nous avions mis en œuvre beaucoup de choses », estime Aboubacar Demba Dansoko.

L’arme à la place de l’urne

Pour M. Dansoko, pendant que plusieurs autres pays « s’affirment, se développent, la Guinée est en train d’être engloutie dans la gueule du loup. Nous n’accepterons pas cela. » Selon lui, aux États-Unis, des gens se demandent comment un pays qui cherche à organiser des élections « peut se permettre de dépenser des millions de dollars dans l’achat des armes. Quel partenaire technique ou financier va accompagner un tel pays ? Aucun. Il n’y a pas de volonté d’aller de l’avant. Ces armes ne sont pas achetées pour faire face à une guerre, c’est contre le peuple de Guinée. On ne doit pas dépenser l’argent du pays pour s’attaquer au peuple dès lors qu’une simple phrase peut régler tout le problème. » Mais quelle phrase ?

Yaya Doumbouya