Tous les mendiants installés aux alentours de la grande mosquée Fayçal à Donka, dans la commune de Dixinn, ont été délogés par les forces de maintien de l’ordre jeudi 3 avril. Les victimes dénoncent une brutalité de la force publique et elles sollicitent l’aide des autorités.

C’est la énième fois que ces personnes porteuses d’handicap sont expulsées aux abords de la mosquée Fayçal de Conakry. Des agents de la police et de la Brigade de déguerpissement du gouvernorat ont procédé au déguerpissement des lieux. A l’esplanade de la mosquée, face au Centre hospitalo-universitaire de Donka, tous les mendiants : vieux, vieilles, nounous et marmots ont plié bagage. Au niveau de la passerelle se trouvant sur l’autoroute Fidel Castro, côté sud de la mosquée, les mendiants ont érigé des campements un peu partout le long des rails entre la route et la mosquée.

La chasse a commencé le 2 avril. Des abris de fortune sont détruits. Les victimes accusent les agents d’avoir brûlé leurs biens, obtenus pendant des mois. « Ils ont pris tout ce qu’on a gagné. Hier, les agents ont pris tous nos habits, nos denrées alimentaires, nos fauteuils roulants. Aujourd’hui encore, ils nous ont retiré notre argent et nos documents et ils ont battus. Ils m’ont blessé au bras et un de nos amis battu se trouve à l’hôpital », déplore Fodé Soumah, handicapé physique. Selon lui, des agents débarquent à chaque fois, en pleine nuit, pour les déposséder de leurs biens.

Fodé Soumah

Assise sur son fauteuil roulant, Mariame Yansané, ne cesse de pleurer. Elle dit pourquoi elle fait la mendicité. « Je suis sur le terrain, parce que l’un de mes parents est lépreux et l’autre est unijambiste. Malgré mon état, les agents m’ont frappé avec mon enfant. Nous demandons l’aide des autorités, nous souffrons ». « Nous sommes tous des démunis et la Cité de solidarité est insuffisante pour nous accueillir tous. Nous demandons qu’ils nous aident à avoir où rester », demande Ousmane Camara.

Ces personnes porteuses d’handicap n’acceptent pas de quitter l’entrée du centre-ville de Kaloum, zone administrative et de grandes affaires de Cona-cris. Plusieurs fois les autorités ont délogé ces mendiants, ils reviennent toujours. Sous le régime déchu d’Alpha Grimpeur, chaque famille de ces personnes à mobilité réduite a même reçu de l’argent, pour que ces membres rentrent au village. Que nenni !

Souleymane Bah