Au MoDel, Mouvement démocratique libéral samedi 7 février, il était question de faire le point sur les derniers réglages de l’organisation du premier congrès national du parti. À l’ordre du jour, figurait aussi la possible candidature d’Aliou Bah, pour sa propre succession ou de briguer un autre poste, étant incarcéré. La réunion hebdomadaire a été présidée par Mamadou Kenda Sow, secrétaire général du parti.
À moins de deux mois de l’événement, le MoDeL se prépare à la tenue de son congrès, même si les dates du 2 au 4 avril ne sont pas encore officiellement validées. Le bureau exécutif du parti veut rompre avec les pratiques habituelles en prônant un processus inclusif et participatif, afin d’éviter toute frustration ou sentiment d’exclusion au sein de la formation politique.
Dans cette optique, une tournée nationale du bureau exécutif est prévue à travers les différentes fédérations du parti. Elle expliquera les préparatifs du congrès, vulgarisera les nouveaux statuts et règlements intérieurs et engagera une révision globale du fonctionnement du MoDeL, avant les élections internes. « Dans beaucoup de congrès auxquels j’ai assisté, on élit le président du parti et on reconduit automatiquement le reste de l’équipe. On applaudit, puis on parle de plébiscite, sans même évoquer un pourcentage. Ensuite, on reproche au président de ne pas favoriser l’alternance. Nous, nous voulons cultiver la démocratie à la base et permettre à chacun d’avoir la possibilité de se présenter », a expliqué Mamadou Kenda Sow.
Souhaitant un congrès apaisé et transparent, le secrétaire général du MoDeL a insisté sur l’importance du travail préparatoire, afin d’éviter tout report. « Nous ne voulons pas de complications ou de difficultés qui pourraient nous amener à ajourner le congrès. Tout dépendra de la qualité du travail et de notre volonté commune d’aller au bout du processus. C’est pourquoi chaque avancée est partagée, et nous sollicitons l’avis de tous pour éviter les suspicions, les réclamations ou les exclusions », a-t-il souligné, appelant à une large information des militants sur les conditions de candidature et les dossiers à fournir.
Aliou Bah candidat ?
Concernant la situation du président du parti, le MoDeL assure qu’Aliou Bah, détenu depuis plus d’un an, reste informé en temps réel de la vie du parti. Selon la direction, les informations lui sont communiquées quotidiennement et il donne son avis sur les principales décisions prises par le bureau exécutif.

La question de sa possible candidature a d’ailleurs été abordée lors de l’assemblée générale. Bien qu’il lui reste environ dix mois à purger à la Maison centrale de Conakry, Aliou Bah, condamné pour « offense au président de la Transition, Mamadi Doumbouya », n’aurait enfreint aucune disposition des statuts du MoDel. «Selon nos textes, le président a le droit de se présenter. C’est à lui de décider du poste qu’il briguera. S’il avait été condamné pour haute trahison ou pour des malversations financières, le parti aurait pris ses responsabilités. Mais nous savons tous pourquoi il est détenu, et nulle part dans nos statuts, il n’est écrit que l’incarcération interdit une candidature », a précisé Mamadou Kenda Sow.
Respect du genre
Le MoDeL a rappelé l’obligation de respecter la nouvelle Charte des partis politiques en Guinée, qui impose un quota minimum de 30% de femmes dans les instances dirigeantes. Une exigence essentielle pour rester en conformité avec le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation. « Ce quota est obligatoire. Lors de la mise en place des fédérations et du choix des délégués, il faut impérativement veiller à ce qu’au moins 30% soient des femmes. Si trois délégués doivent être désignés, au moins une femme doit en faire partie. C’est extrêmement important », a insisté le secrétaire général.
À l’issue du congrès annoncé pour le mois d’avril prochain, le bureau exécutif national du MoDeL devrait passer de 22 à 34 membres. Le parti va entrer dans une nouvelle phase de sa structuration et de sa consolidation.
Abdoulaye Pellel Bah


