Le ministère de l’Agriculture a lancé jeudi 30 avril, à Conakry, le Programme AgriConnect Guinée. Initié en partenariat avec le Groupe de la Banque mondiale, il vise à moderniser l’agriculture, renforcer la sécurité alimentaire et à créer des opportunités d’emplois, notamment pour les jeunes et les femmes.
La ministre de l’Économie, des finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, représentant à la cérémonie la ministre de l’Agriculture, Aminata Kaba, a insisté sur l’imÒportance stratégique du Programme pour le pays, notamment sur les réformes à engager pour accélérer le développement du secteur agricole. « Ce Programme a pour objectif d’accompagner le gouvernement de la République de Guinée dans l’identification des réformes prioritaires nécessaires à l’accélération de la croissance du secteur agricole. Il prévoit la mise en place d’un cadre d’investissement ainsi que des réformes dans plusieurs domaines, notamment le foncier, où il est indispensable de renforcer la sécurité afin de faciliter l’accès aux terres agricoles. Des investissements sont également prévus dans des sous-secteurs clés, comme la facilitation de l’accès à la certification des produits agricoles, afin de favoriser leur exportation. »
Au-delà des réformes, AgriConnect Guinée projette également d’investir dans la mobilité et l’accompagnement des producteurs. « Le projet soutiendra aussi des investissements importants dans les infrastructures rurales, essentielles au développement du secteur : réhabilitation des pistes rurales, mise en place d’infrastructures de conservation et de transformation des produits agricoles. Le Programme accordera une attention particulière aux petits exploitants agricoles, en renforçant leurs capacités, en améliorant leur accès au financement et en mettant à leur disposition des outils innovants, notamment numériques, afin d’accroître significativement leurs revenus. »
L’élevage, pour l’autosuffisance alimentaire
Prenant la parole à son tour, le ministre de l’Élevage, Félix Lamah, a mis l’accent sur les enjeux d’autosuffisance alimentaire, au cœur de sa politique. « Concernant le secteur de l’élevage, la priorité est donnée à la filière avicole. La Guinée importe actuellement environ 10 000 tonnes de poulet congelé. Il est donc crucial de développer notre production locale pour atteindre l’autosuffisance, tout en renforçant également la filière laitière. »

Félix Lamah a également identifié les principaux défis à relever pour y arriver. « Le défi de la gouvernance, avec la mise en place d’un cadre réglementaire et législatif incitatif pour attirer les investissements privés, ainsi que la structuration des acteurs de la filière avicole sur l’ensemble de la chaîne de valeur ; le défi des infrastructures, indispensables pour garantir la qualité des produits et leur mise sur le marché ; et enfin le défi du financement, à travers la mobilisation de ressources importantes au profit des acteurs privés de la filière. »
Réformes et investissements
De son côté, le Représentant résidant du Groupe de la Banque mondiale en Guinée, Issa Diaw, a réaffirmé l’engagement de son institution à soutenir le secteur agricole. « Cela pour deux raisons principales : d’une part, les enjeux de sécurité alimentaire et de souveraineté, qui sont cruciaux dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques mondiales, qu’il s’agisse de la crise en Ukraine ou au Moyen-Orient. Et, d’autre part, l’importance de soutenir les petits producteurs. Cette plateforme met un accent particulier sur ces derniers, en leur donnant accès au financement, à la technologie et aux moyens nécessaires pour devenir de véritables acteurs du développement », a-t-il déclaré, tout en annonçant de nouvelles perspectives de financement pour les entreprises agricoles afin de structurer les filières agricoles et d’accompagner les producteurs.
Mariama Dalanda Bah
