Ce lundi 4 mai, Mohamed Lamine Bangoura, ex-président de lancienne Cour constitutionnelle de Guinée, a brièvement comparu devant la Chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (Crief). Et pour cause, l’absence des avocats de l’Agent judiciaire de l’Etat (partie civile).

L’audience du jour devait être consacrée à l’interrogation du prévenu par la défense, mais aussi à la comparution des autres prévenus en fuite : Amadou Diallo, Sidiki Sylla et Rouguiatou Barry, tous des ex-collaborateurs du prévenu.  Tous sont poursuivis par l’État guinéen pour des faits présumés de détournement de deniers publics, corruption, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux et complicité.

Mohamed Lamine Bangoura, principal prévenu, est accusé d’avoir détourné, entre autres, 20 milliards de francs guinéens de subvention à l’ancienne Cour constitutionnelle. Ce qu’a rejeté le prévenu lors des précédentes audiences, arguant que l’institution était libre de dépenser sa subvention à sa guise. Ce qui ne serait pas le cas du budget.

Mohamed Lamine Bangoura est détenu à la Maison centrale de Conakry depuis le 15 décembre 2022.

En boubou, couleur orange, ce dernier s’est calmement dirigé à la barre, les pas hésitants, ce 4 mai. Avant qu’il ne s’explique, Ousmane Sano, le substitut du procureur spécial de la Crief, a sollicité le renvoi de l’audience. Il se fait ainsi le porte-parole de la partie civile, précisément Me Pépé Antoine Lama qui séjourne à Nzérékoré (sud de la Guinée). Me Facinet Soumah, avocat de Mohamed Lamine Bangoura, ne s’y est pas opposé.

Le juge, Alpha Camara, a renvoyé le procès au 11 mai, pour la suite des débats et la comparution de tous les prévenus, y compris ceux qui sont en fuite. Mais comment ?

Yaya Doumbouya