L’affaire opposant l’Etat guinéen à Alpha Mohamed Kallo, ancien directeur général de la Banque nationale d’investissements de Guinée (BNIG), a connu un énième renvoi ce 4 mai, au grand dam du prévenu en détention depuis quatre ans à la Maison centrale de Coronthie. De quoi agacer le prévenu.   

Le dossier qui devait reprendre à zéro ce 4 mai à la Chambre du jugement a été renvoyé au 11 du mois, en raison de l’absence de l’avocat de l’ancien directeur national de la Banque national d’investissements de Guinée, Me Jean-Baptiste Jocamey Haba. Plus d’un mois et demi de procès à la Crief, Alpha Mohamed Kallo, accusé d’avoir détourné entre autres, 18 milliards de francs guinéens alloués à la rénovation du siège de la BNIG à Kaloum, est loin d’être situé sur son sort.

Le 4 mai, face à la Chambre de jugement présidée par Alpha Camara, le prévenu a émis « une doléance » à propos de son jugement qui s’éternise et sa détention depuis quatre ans. « Monsieur le président, je ne peux pas vous dire le nombre de renvois que mon dossier a connu. Peut-être plus d’une dizaine. Je voudrais que la Cour comprenne que je suis en prison depuis quatre ans, mon procès est en cours depuis un an et demi. Chaque fois, ce sont des renvois », dénonce l’ex-directeur de la BNIG. Le seul prévenu détenu dans cette affaire.

« Délai raisonnable »

Biwon Millimono, substitut du procureur spécial près la Crief rassure : « Nous vous exprimons notre sympathie, M. Kallo. Nous assurons que tous les dossiers, pas que le vôtre, seront jugés dans un délai raisonnable. Nous ne disons pas que le retard est imputable à d’autres magistrats, mais avec notre nouvelle équipe, les choses se feront dans les règles de l’art. »

Alpha Mohamed Kallo est en prison depuis le 26 juillet 2022. Il est poursuivi pour des faits présumés de détournement de deniers publics, de corruption, d’enrichissement illicite, de blanchiment de capitaux, de faux et usage de faux en écritures publiques, d’atteinte à la liberté d’accès et à l’égalité des candidats dans les marchés publics.

Ses coprévenus sont Maurice Eugène Alécaut (client, libre et malade), Ibrahima Tounkara (ancien cadre de la BNIG, en fuite), Afriland First Bank, les sociétés Ejico et Djoliba pêche. Depuis quatre ans, les multiples demandes de mise en liberté d’Alpha Mohamed Kallo ont toutes échoué.

Yaya Doumbouya