Le 3 mai, à Lainé, sous-préfecture de Lola, des individus ont nuitamment attaqué un enclos et abattu 41 bœufs. Le ministre de l’Élevage, Félix Lamah, a réagi à l’attaque qu’il dit condamner avec « la plus grande fermeté ces actes inacceptables. » Une enquête est ouverte.
Des individus « armés » se sont introduits dans un enclos de bouviers et auraient ligoté les éleveurs avant de tuer les animaux. Au total, 41 bœufs ont été égorgés, selon les éleveurs. Aly Badra Camara, éleveur, interrogé par Guineematin.com explique avoir perdu plusieurs bœufs. « On m’a informé que des individus avaient frappé les bouviers et incendié le parc. À mon arrivée, j’ai constaté que mes animaux avaient été tués. Huit de mes veaux ont été abattus. Pourtant, nos bœufs n’avaient causé aucun dégât », affirme-t-il.
Une autre victime, Djiba Sangaré, déclare avoir tout perdu. « Quand je suis arrivé sur les lieux, j’ai trouvé que tous mes bœufs ont été tués. C’est catastrophique. » Et de dénoncer une attaque « préméditée. On m’avait déjà averti que si je ne retirais pas mes bœufs [de l’enclos], on allait tous les tuer. Pourtant, j’occupe légalement ce domaine… »
Les assaillants auraient emporté les viandes des bêtes abattues.
Après l’attaque, une mission composée de la Direction préfectorale de l’agriculture et de l’élevage de Lola, de la gendarmerie et de la police judiciaire s’est rendue sur les lieux pour faire le constat.
Alors que des conflits entre éleveurs et agriculteurs sont récurrents à Lola, Gnépouna Doré, le directeur préfectoral de l’agriculture et de l’élevage, écarte la thèse d’un conflit entre éleveurs et agriculteurs : « Tous les animaux étaient dans un parc bien aménagé. Aucun champ ni culture n’a été identifié à proximité. Cela montre clairement qu’il ne s’agit pas d’un incident lié à des destructions agricoles, mais d’un acte volontaire. »
Dans un communiqué du 4 mai, le ministre de l’Élevage, Félix Lamah, indique avoir appris avec une « profonde consternation les actes de violence survenus à Lainé ayant entraîné la perte des dizaines de bœufs et causé d’importants préjudices à des éleveurs de la localité. » Il condamne avec « la plus grande fermeté ces actes inacceptables qui portent atteinte aux moyens de subsistance de nombreuses familles, fragilisent le tissu économique local et compromettent les efforts engagés pour le développement de l’élevage » en Guinée. Et d’exprimer sa solidarité et sa compassion aux victimes de la « tragédie ». Félix Lamah appelle à l’ouverture d’une enquête, afin de retrouver les auteurs.
Souleymane Bah

