Développer la Guinée, c’est le maitre mot de tous les discours et débats du jour.  Cela résulte du fait que la pauvreté endémique du citoyen guinéen ne peut se justifier face aux immenses potentialités économiques et sociales dont regorge la Guinée.

Comment sortir de ce marasme économique ? Tout le monde s’accorde que le capital humain est le levier principal du développement. Les divergences éclatent quant à la manière de procéder pour faire de ce capital la clé de la prospérité.  Il faut certes réformer le système éducatif, l’adapter aux exigences du moment.

Cependant, il faut y aller avec beaucoup de tacts. Le pays a besoin aujourd’hui de beaucoup de techniciens moyens, d’ouvriers qualifiés mais pas au point de négliger, voire de supprimer les filières de formation non techniques. Pour développer un individu, on a besoin d’entretenir son physique, de le nourrir et de le soigner. On a besoin encore plus de lui inculquer des valeurs intellectuelles et morales.

Il en est de même du peuple. Pour réussir l’édification de la nation, les ouvriers du manuel doivent exécuter leur part du boulot. Ils ne sauraient tout faire. Les ouvriers de l’esprit doivent eux-aussi accomplir leur devoir qui est d’éduquer, instruire, sensibiliser les individus pour en faire des citoyens.

Les ouvriers de l’esprit ne sont autres que les penseurs, à savoir les écrivains, les artistes, les philosophes, les historiens, les sociologues etc. Ce sont eux qui éclairent et orientent le peuple et lui donnent une âme.

En fait, la source principale de la misère guinéenne réside moins dans l’éducation que dans la corruption rampante qui gangrène les administrations publiques et privées d’un régime à l’autre et ce depuis l’indépendance. C’est le lieu de saluer l’institution de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) dont le bilan reste pour l’heure assez limité. La CRIEF a véritablement du pain sur la planche, d’autant plus que les acteurs judiciaires, eux-mêmes, ne sont pas exempts des effets pervers de la corruption.    

Walaoulou BILIVOGUI