L’Union pour le progrès et le renouveau (UPR) traverse une zone de turbulence à deux semaines des élections législatives et communales, prévues le 31 mai. Dans un communiqué du 4 mai ainsi que dans une déclaration du 1er mai, neuf membres du Bureau exécutif national (BEN) du parti dénoncent de graves dysfonctionnements internes et contestent la légitimité de la direction intérimaire actuelle du parti.

Les signataires accusent le président intérimaire d’avoir été désigné en violation des textes fondateurs de l’UPR. Ils reprochent aussi à la direction du parti de prendre des décisions majeures sans consultation des instances statutaires de la formation politique, notamment dans le cadre de sa participation aux prochaines élections. « Nous proclamons que nous ne participerons à aucune réunion convoquée par l’Intérimaire actuel autour de quelque question que ce soit », écrivent les frondeurs, tout en demandant au président du parti Bah Ousmane, élu lors du congrès de Labé en juillet 2008, de convoquer rapidement une réunion extraordinaire du BEN afin de décrisper la crise.

Dans leur déclaration du 1er mai, les protestaires dénoncent l’engagement de l’UPR dans le processus électoral sans décision formelle du Bureau exécutif national, du Comité central ou du Congrès du parti. Estimant que cette situation constitue une violation des statuts et du règlement intérieur de l’UPR. « Un groupe de personnes, dirigé par un Président intérimaire désigné en violation de nos textes fondateurs, a engagé le Parti dans le processus électoral en cours », lit-on dans la déclaration.

Les contestataires évoquent, par ailleurs, plusieurs dérives dans la gestion des candidatures, notamment la marginalisation des fédérations, l’absence de soutien logistique aux structures locales ainsi que l’introduction sur les listes électorales de personnes n’ayant jamais milité au sein du parti. Ils accusent des responsables d’avoir imposé des candidats dans plusieurs préfectures sans consultation des bureaux fédéraux concernés.

Autre point : le rejet initial de la liste nationale de l’UPR par la Direction générale des élections (DGE), rétablit après plusieurs démarches, rejet considéré par les contestataires comme une conséquence directe des divisions internes et du manque d’organisation. « Nous nous désolidarisons de la Liste nationale à la Proportionnelle présentée au nom de l’UPR », déclarent les frondeurs, qui appellent les militants à « s’opposer à la dérive autocratique et à la mascarade » au sein du parti.

Nos tentatives de faire réagir jusque-là Bah Ousmane, le président de l’UPR, se sont soldées par un échec.

Mariama Dalanda Bah