Malgré les mises en garde fermes du ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la formation professionnelle à la veille du lancement du Bac, session 2026, des cas de fraude sont signalés dans certains centres. Dès les premières épreuves lundi 29 juin, il en a été enregistré à travers le pays.

Le bilan de la première journée publié par le ministère de l’Éducation nationale, fait état de nombreux cas de fraude constatés, entraînant des éliminations de candidats, des interpellations ainsi que la saisie de plusieurs appareils électroniques.

D’après Africaguinee.com, la préfecture de Kankan est celle qui a enregistré le plus grand nombre de candidats éliminés pour avoir été en possession d’un téléphone portable, avec 17 cas. Elle est suivie de N’Zérékoré (8 cas), Faranah (7 cas), Kindia (6 cas) et Boffa (2 cas).

Au total, 39 surveillants ont été sanctionnés. Faranah arrive en première position avec 13 surveillants sanctionnés, devant N’Zérékoré (12), Kindia (7), Kankan (5) et Conakry (2).

En outre, 14 autres personnes impliquées dans l’organisation des examens, notamment des délégués, des encadrants et d’autres agents, ont aussi été sanctionnées. Parmi elles, 13 sont de Faranah et une de Conakry.

Selon la même source, les opérations de contrôle ont aussi permis de saisir plusieurs appareils électroniques. À Siguiri, les autorités ont récupéré 132 téléphones portables, 4 montres connectées et 2 appareils Bluetooth. Cinq surveillants y ont également été sanctionnés.

À Faranah, 13 téléphones portables ont été saisis. Six candidats et trois surveillants ont été sanctionnés. Un candidat a aussi été interpellé avant d’être remis aux services de sécurité.

Par ailleurs, à Maférinyah, dans la préfecture de Forécariah, un autre cas a été enregistré. Il s’agit de Kabinet Chérif, arrêté avant le démarrage des épreuves. Selon les premières informations, il tentait de se faire passer pour son cousin, Abdoulaye Kader Traoré, candidat au Bac. Après son interpellation, il a été remis aux services de la gendarmerie, pour les besoins de l’enquête.

Pourtant, à la veille du lancement des épreuves, le ministre Alpha Bacar Barry, avait haussé le ton pour prévenir toute tentative de fraude. Il avait notamment averti que « tout candidat identifié, après enquête des services compétents, comme membre d’un groupe ou d’une plateforme numérique (WhatsApp, Telegram, Signal, Facebook, etc.) utilisé pour obtenir ou diffuser frauduleusement les sujets du baccalauréat, verra immédiatement ses épreuves annulées ». Il avait ajouté que les contrevenants pourraient également être exclus des sessions ultérieures, conformément aux textes en vigueur. Le ministre avait aussi mis en garde les inspecteurs, délégués, surveillants, enseignants et tout autre agent de l’État impliqué dans l’organisation du baccalauréat. « Toute personne reconnue coupable de fuite, de vente, de diffusion de sujets ou de complicité de fraude sera radiée définitivement de la fonction publique et poursuivie devant les juridictions compétentes ».

Le même avertissement avait été adressé aux acteurs de l’enseignement privé. Les fondateurs d’écoles, directeurs d’établissements, enseignants ou autres personnels impliqués dans ces pratiques s’exposent à des poursuites pénales, mais aussi à des sanctions administratives pouvant aller jusqu’à la fermeture de leur établissement, au retrait de leur agrément et à l’interdiction d’exercer dans le secteur éducatif.

Malgré la détermination affichée par les autorités pour des examens crédibles et transparents, les cas de fraude se multiplient. La tendance observée depuis le Certificat d’études élémentaires et le BEPC, se poursuit désormais au niveau du baccalauréat, entré le 30 juin dans sa deuxième journée.

 Mariama Dalanda Bah