Les ateliers de formation organisés par Stat View International et Afrobarometer se poursuivent à travers Conakry. Le 22 juin, à l’Institut supérieur de l’information et de la communication de Kountia (ISIC), a démarré celui organisé à l’intention du monde universitaire.  

Après les organisations de la société civile, les journalistes, c’est au tour du monde universitaire de passer dans l’école de Stat View International et d’Afrobarometer. Pour trois jours, les deux organisations réunissent, étudiants, enseignants, enseignants-chercheurs, doctorants de l’ISIC, pour leur apprendre comment utiliser efficacement leurs données. L’objectif de la formation est de donner aux acteurs universitaires les outils nécessaires pour mieux utiliser les données dans leurs travaux académiques, leur recherche, leur enseignement et leur réflexion sur les défis de la société. Le professeur Djénabou Barry, rectrice de l’ISIC, insiste sur l’importance d’une telle activité : « Il s’agit d’une transformation de nos méthodes de travail. Nous avons l’obligation ultime de nous adapter à un monde en perpétuelle mutation confronté à l’émergence de nouvelles technologies. Cette rencontre de trois jours nous ouvrira les portes dont il faudra explorer les profondeurs. Notre institut est un carrefour transversal de connaissances du monde des médias qui compte bien prendre sa place dans toutes les questions du développement national. »

Le directeur national adjoint du Service national des bourses extérieures, Abou Nabé, abonde dans le même sens : « Qui dit aujourd’hui satisfaire le besoin de la population, doit se baser sur les données que cette population produit tous les jours. Sans données, il n’y aura aucune planification. Sans données, il n’y aura aucune stratégie. Tout est fondé sur ces données. Raison pour laquelle vous devez profiter au maximum de ces jours de formation, pour pouvoir être expert au sortir de cette salle en collecte de données. »

Pour Aliou Barry, directeur de Stat View International, les participants pourraient, à l’issue de l’atelier, transformer les données des organisateurs en outils stratégiques de leurs travaux : « Cette rencontre réunit aujourd’hui des étudiants, des enseignants, des chercheurs et des encadreurs universitaires autour d’une ambition commune, mieux comprendre, analyser et valoriser les données d’opinion publique afin d’en faire des instruments au service de la recherche, de la formation et du développement de nos sociétés. » Selon lui, il est aujourd’hui impossible de sortir la Guinée de l’ornière sans données fiables : « La transformation durable de nos sociétés repose sur la capacité de nos institutions d’enseignement supérieur à produire, transmettre et valoriser les connaissances. Mesdames et messieurs, une conviction guide notre rencontre d’aujourd’hui. Les données sont le langage par lequel les sociétés apprennent à se connaître elles-mêmes. Cette idée résume parfaitement la mission d’Afrobarometer… Nous produisons des données indépendantes et rigoureuses sur les perceptions et les expériences des citoyens africains en matière de démocratie, de gouvernance, de services publics, de conditions économiques et d’aspiration pour l’avenir. Ces données constituent aujourd’hui une ressource essentielle pour les décideurs publics, les chercheurs, les enseignants et les étudiants. Elles permettent de mieux comprendre les réalités sociales, d’enrichir la recherche et de contribuer à des décisions davantage fondées sur les faits. »

À cette cérémonie, le professeur Sékou Traoré a représenté la ministre de l’Enseignement supérieur et de l’Innovation. Il encourage les participants à s’approprier les modules qui y seront dispensés : « Les enseignants-chercheurs et les chercheurs ont la responsabilité de produire des connaissances rigoureuses fondées sur des faits et de la prise de décision. Les bases de données Afrobarometer offrent à cet effet une opportunité importante pour enrichir les travaux académiques, renforcer la qualité de la recherche et favoriser une meilleure compréhension des réalités africaines. J’encourage vivement les participants à tirer pleinement profit de cet atelier afin de renforcer leurs compétences en analyse de données et de contribuer davantage à une recherche utile, innovante et connectée aux enjeux de développement. » La session s’achève le 24 juin.

Yacine Diallo