Monsieur le Directeur du Groupe Le Lynx-La Lance,
J’ai appris avec une profonde tristesse le décès le 1er juin 2026 à Montréal au Canada de Souleymane Diallo, fondateur du groupe de presse Le Lynx-La Lance et grand combattant de la liberté d’expression en Guinée.
J’adresse mes condoléances émues à la direction du Lynx et de La Lance, à tous les journalistes du groupe et à l’ensemble de son personnel.
Souleymane est mon condisciple au Lycée de Labé que nous avons intégré avec une soixantaine d’autres camarades en octobre 1958, juste au moment de l’accession de la Guinée à l’indépendance. Nous l’appelions Soulay Tata (du nom du quartier où habitait sa famille à Labé), alors que moi j’étais affublé du surnom de Sidoux (à cause sans doute de mon tempérament et que j’ai intégré dans mon état civil). Ensuite, nous nous sommes séparés. Il est parti poursuivre des études en lettres anglaises au Nigeria.
Nous avons habité ensemble chez Mme Néné Gallé Bah, épouse de Thierno Ibrahima Bah (à l’époque gouverneur de Dubréka), dans le quartier de Dixinn à Conakry, alors qu’il était devenu journaliste à Horoya.
Bien plus tard, nous nous sommes retrouvés à l’Université d’Abidjan. Avant de suivre, pour ma part, une voie qui m’amènera à le rejoindre dans le journalisme, comme collaborateur de Jeune Afrique pendant qu’il fondait le groupe Le Lynx-La Lance.
Souleymane a consacré toute sa vie à ce métier. Je le savais doté d’un grand sens de l’humour et de l’autodérision qui l’inspirera dans la création du plus grand journal satirique guinéen, en l’occurrence Le Lynx.
Mais, il savait les risques du métier de journaliste. Dans son bureau de l’immeuble Gnaly à Kaporo, il me confia, un jour, avec son sens inégalé de la raillerie : « Si je vois mon fils dans une salle de rédaction, je le chasse. »
Parmi les grands noms de ceux qui l’ont accompagné dans la formidable aventure du Lynx, je regrette qu’on cite rarement celui d’Alassane Diallo dit Alassane Diomandé (nom qu’on lui a donné en référence à un grand journaliste de la Télévision ivoirienne) trop tôt disparu.
Je nourris le ferme espoir de voir le groupe Le Lynx-La Lance survivre à son fondateur et demeurer le rempart inexpugnable de la liberté de la presse en Guinée.
Que le Très-Haut accueille Souleymane Diallo au degré le plus élevé du Paradis !
Alpha Sidoux Barry
Président de Conseil & Communication International (C&CI)

