Un gigantesque panache noir s’élevait dans le ciel de Nzérékoré la matinée du vendredi 19 juin. Un grave incendie a ravagé le marché de la capitale de la Guinée forestière. Les commerçants se sont réveillés surpris, émus et de tristes de voir leurs biens consumés.

Conteneurs, boutiques, tables et objets de valeurs, tout a été réduit en cendre au grand dam des commerçants. Secouristes, pompiers, forces de l’ordre ont accouru pour éteindre le feu, malheureusement la puissance des flammes et la fumée épaisse empêchaient toute intervention efficace. Entre perte et détresse, les victimes, pères et mères de familles, ne savent pas à quel saint se vouer, elles appellent à l’aide.

« J’ai tout perdu, je suis dévastée. Je ne suis pas en mesure d’évaluer les pertes, parce que récemment, j’ai acheté la marchandise, ma boutique était pleine. Je suis une mère de famille, je m’occupe de l’éducation des enfants. Nous demandons de l’aide », a plaidé Aïssatou Baldé, vendeuse d’habits au marché central de Nzérékoré. Elle affirme avoir été informés à 5h du matin que le marché a pris feu, elle s’y est rendue directement, mais les flammes étaient déjà au-dessus des boutiques. « La fumée était de telle sorte que personne ne pouvait s’approcher », témoigne Aïssatou Baldé en détresse. Selon elle, les forces de l’ordre, les secouristes, les pompiers sont arrivés sur place, mais n’ont pu faire grand-chose à cause d’une immense colonne de fumée qui se dégageait.

Autre hic, l’absence de route pour l’accès des véhicules dans le marché. « Pendant que les uns aidaient à éteindre le feu, des malfrats arrachaient les quelques biens sauvés pour s’en fuir avec », raconte Aissatou au bord des larmes.  

Très affectée, lorsque nous l’avons joint au téléphone, Mariama Ciré Diallo était au lit, traumatisée à l’idée d’avoir tout perdu. « Je vends des habits, des chaussures d’enfants, des habits pour adultes. Mais aujourd’hui tout est consumé, je ne sais pas quoi faire », a-t-elle expliqué la voix tremblotante. « Quand je suis allée voir que ma marchandise brûlait, je n’ai pas pu tenir, je suis tombée, on m’a ramenée à la maison. Ce sont des années de dur labeur que j’ai perdu… »

Un désastre

Abdoulaye dénonce le manque de sécurité au niveau du marché, il ne comprend pas que le feu se déclare et prenne une telle ampleur, sans que les agents de sécurité du marché n’alertent les autorités. « Je pense que le feu s’est déclaré tard la nuit, ce n’est pas au petit matin, sinon, comment comprendre que le feu se propage aussi rapidement sur cette grande dimension du marché ? Les dégâts sont indescriptibles, il faut être à Nzérékoré pour le vivre. C’est un désastre ». Selon lui, en solidarité avec les victimes de cet incendie, les commerçants de Nzérékoré n’ont pas ouvert leurs boutiques. « Tout le monde est fâché, il n’y a pas de sécurité du tout. Il y a aussi qu’à l’intérieur du marché, i n’y a que des conteneurs, donc de la ferraille, ce qui complique l’intervention quand il y a le feu.  L’accès au marché est très difficile. »

Ce n’est pas la première fois dans l’histoire récente que le marché de Nzérékoré brûle. En 2020, plusieurs boutiques dans le secteur de la téléphonie et de l’informatique ont été détruites par un brasier. En octobre 2021, un autre incendie avait ravagé une importante partie du marché central. En 2024, une dizaine de boutiques et de magasins ont brûlé dans le grand marché de Nzérékoré. –

Ibn Adama