Les 147 dépités sélectionnés lors des légis-tardives du 31 mai ont pris ponctions, le 17 juillet, lors d’une séance inaugurale dans la Salle des Congrès du Palais du peuple de Cona-cris. Les Parle-menteurs remplacent les CNTêtards, Dansa Courroux-mât passe de prési du CNT à celui de l’Assemblée nationale.
Questionné sur les ambitions futures des acteurs de la transition, il y a peu, Dansa Courroux-mât se voulait sans équivoque : « La Charte de la transition a réglé la question : les membres du CNRD, les membres du gouvernement, les membres du CNT ne feront acte de candidature aux prochaines élections. » Ou encore : « Nous avons pris des engagements. Tout homme d’honneur, quand vous prenez des engagements, vous devez les accomplir. »
Aujourd’hui, au diable Charte et honneur ! Emboitant le pas au Prési Mamadi Doum-bouillant, la bosse de l’ex-Conseil national de transition et une kyrielle d’anciens conseillés ont cédé à la tentation en prolongeant leur bail au-delà du temps imparti. Et dire qu’ils étaient arrivés aux affaires en anti troisième mandat d’Alpha Grimpeur.
Le 17 juillet, la Salle des Congrès du Palais du peuple a accueilli donc la première plénière de la première Assemblée nationale de la 5ème Roue-publique. L’installation était dirigée par la Basse-Cour suprême qui, le 17 janvier dernier, avait également validé la sélection de Mamadi Doum-bouillant. Annoncée à 9 heures, la cérémonie n’a démarré qu’à 11h 30, en présence d’invités de marque (déposée) : prési d’institutions républicaines, le Premier des ministres Amadeus Oury Bah, le Haut commandant de la Gendarmerie nationale, le chef d’état-major général désarmé, le secrétaire gérant et le chef de cabinet de la Présidence, minustres et autres représentants du corps diplomagique et consulaire accrédité en Guinée.
L’élection du prési de l’Assemblée nationale a été pilotée par le doyen d’âge des dépités, en la personne d’Abeille Sylla de la Nouvelle génération pour la République (NGR), assisté des deux plus jeunes parle-menteuses, Hadja Idrissa Bah et Maïmouna Barry, 27 ans. Unique candidat en lice, Dansa Kourouma a été élu sans surprise avec 129 voix sur 147 suffrages exprimés. Les 18 autres bulletins ayant été déclarés nuls. Une formalité, comme si le poste de prési de l’Assemblée nationale lui avait déjà été promu.
Sous les applaudissements nourris d’une salle acquise à sa cause, le nouveau prési de l’Hémicycle rectangulaire du Palais du peuple a été ensuite (re)installé au perchoir.
CNT bis
Chargée de prononcer un laïus de bienvenue, Maïmouna Yombouno (ou oui), ancienne vice-prési du CNT, a plutôt fait ses adieux : « Nous assistons à l’aboutissement d’un engagement collectif, au couronnement d’un processus historique et à la transmission, dans la paix et la dignité, d’une responsabilité ». Abordant le bilan des quatre années de l’institution, elle a souligné que les Cntêtus ont partagé « les mêmes exigences, parfois les mêmes doutes, mais surtout la même conviction : servir la Guinée avec loyauté dans une période où le pays avait besoin de stabilité, de réformes profondes et d’espérance ». Même que la mission du CNT était temporaire, avec pour objectif de « reconstruire les fondations afin de permettre le retour d’une représentation démocratique capable de libérer les initiatives de développement ». Elle n’a pas manqué d’interpeller les nouveaux dépités : « Les Guinéens n’attendent pas seulement des lois, ils attendent de vous une vision, de l’écoute, de la proximité et de l’exemplarité. Ils attendent surtout que chaque décision prise à l’hémicycle améliore concrètement leurs conditions de vie ».
« Creuset du débat démocratique »
Conseiller du président de la République en charge des relations avec les institutions, Antoine Akoï Sovogui a renchéri : « Vous êtes désormais investis de la mission de légiférer et de défendre les intérêts supérieurs de la Guinée. Il vous appartiendra de faire de l’Assemblée nationale le creuset du débat démocratique et de la gouvernance participative. Vous serez l’incarnation de l’espérance, de la conscience et de la voix du peuple de Guinée ». Insh’Allah ! Et d’insister sur la nécessité d’une collaboration équilibrée entre institutions républicaines : « La complémentarité entre l’Exécutif et les autres pouvoirs constitutionnels constitue le socle d’un dialogue constructif, garant de la stabilité, de l’efficacité de l’action publique et du progrès multidimensionnel. Le bon fonctionnement de nos institutions repose sur cette coopération harmonieuse ».
Antoine Akoï Sovogui a invité les dépités à privilégier l’écoute, la concertation et la responsabilité, pour l’adoption de lois conformes aux aspirations des Guinéens.
Mandat parle-menteur, c’est quoi ?
Le premier prési de la Basse-Cour suprême a remis une couche : « Le mandat qui vous est confié est un mandat national. Vous représentez désormais la Nation guinéenne dans toute sa diversité. Vous êtes appelés à légiférer dans le respect de la Constitution, à contrôler l’action du gouvernement, à évaluer les politiques publiques et à contribuer au renforcement de l’État de droit, de la démocratie et de la bonne gouvernance ». Selon Faux-dé Bangoura, les Guinéens attendent des Parle-menteurs « des lois justes, adaptées aux réalités nationales, des débats dignes et responsables, un contrôle rigoureux de l’action publique et des initiatives susceptibles d’améliorer durablement leurs conditions de vie ».
Le robin a insisté sur le respect du principe de séparation des pouvoirs, rappelant que chaque institution doit exercer sa mission dans le strict respect des prérogatives des autres : « En entrant en fonction, vous vous engagez devant le peuple de Guinée à exercer votre mandat avec loyauté, intégrité, probité et patriotisme. Que vos travaux soient guidés par la recherche permanente de l’intérêt général, la culture du dialogue, le respect de la contradiction démocratique et la volonté constante de préserver l’unité nationale, la paix, la justice, la cohésion sociale et le développement du pays ». Amen !
Faux-dé Bangoura a formulé le vœu que cette première législature de la Ve République soit celle de la responsabilité, du dialogue républicain, de la stabilité institutionnelle, de la consolidation de l’État de droit, de la prospérité économique et du progrès social pour tous les Guinéens.
Pour que force reste à la loi, les Guinéens attendent de leur justice plus que des vœux (pieux).
Abdoulaye Pellel Bah

