Après cinq semaines de compétition, la Coupe du monde a connu son épilogue au MetLife Stadium de New York. L’Espagne a remporté son deuxième titre mondial, dimanche 19 juillet en dominant l’Argentine lors d’une finale à sens unique. Entre confirmations des stars, polémiques à répétition, incrustation et bagarres, la finale du Mondial-2026 restera perçue comme un match aussi spectaculaire que controversé.
Deux ans après son triomphe à l’Euro, la sélection dirigée par Luis de la Fuente confirme son hégémonie sur le football mondial. Solide défensivement et fidèle à son jeu de possession, l’Espagne a construit un succès mérité au terme d’une finale longtemps verrouillée par une équipe argentine accrocheuse mais peu inspirée offensivement.
Il a fallu attendre la 106e minute pour voir le match basculer. L’attaquant du FC Barcelone Ferran Tores a délivré la Roja d’une puissante reprise qui n’a laissé aucune chance au gardien Emiliano Martínez. Quelques minutes auparavant, l’Argentine avait été réduite à dix après l’expulsion d’Enzo Fernández, sanctionné d’un deuxième carton jaune dans le temps additionnel de la seconde période (90e+4).
Dominatrice durant la majeure partie de la rencontre, l’Espagne s’est heurtée pendant plus de cent minutes à la défense argentine sans succès. Les Albicélestes, eux, n’ont jamais réellement inquiété leurs adversaires, ne cadrant que deux tirs en plus de 120 minutes de jeu. Et l’Espagne remporte son deuxième titre mondial, seize ans après celui en Afrique du Sud en 2010.
Chaos en fin de match
La finale s’est malheureusement achevée dans un climat électrique. Au coup de sifflet final, une altercation a éclaté entre plusieurs joueurs des deux équipes. Leandro Paredes s’en est pris au défenseur espagnol, Eric García, avant de porter également un coup à Pablo Gavi venu s’interposer. Thiago Almada s’est ensuite mêlé à l’incident, provoquant une bousculade générale.

Les autres joueurs et les membres des staffs ont finalement réussi à calmer les esprits avant que la situation ne dégénère davantage. Paredes a écopé d’un carton rouge. Une sanction symbolique puisque le match était déjà terminé.
Donald Trump hué
La cérémonie de remise des médailles a donné lieu à une séquence très commentée. Présent pour remettre le trophée aux nouveaux champions du monde, le président américain Donald Trump a été copieusement sifflé par une partie du public lors de son entrée sur la pelouse.
Aux côtés du président de la FIFA, Gianni Infantino, Donald Trump a remis le trophée au capitaine espagnol avant de prolonger sa présence sur le podium. Alors que les joueurs espagnols s’apprêtaient à soulever la Coupe, le président américain est resté au centre des célébrations malgré les gestes insistants de Gianni Infantino l’invitant à quitter l’estrade.

La scène, largement relayée sur les réseaux sociaux a suscité de nombreuses réactions. Malgré les huées, Donald Trump est apparu souriant, félicitant les champions du monde.
Des morts en Espagne en Argentine
Alors que des milliers de supporters célébraient la victoire dans tout le pays, un adolescent de 13 ans a perdu la vie à Ciudad Rodrigo, près de Salamanque, dans le sud de l’Espagne. Vers minuit, une partie d’une fontaine sur laquelle plusieurs jeunes étaient montés pour fêter le titre s’est effondrée sous leur poids. Coincé sous les décombres, le jeune garçon n’a pas survécu malgré l’intervention rapide des secours. Deux autres personnes ont été blessées dans l’accident.
En Argentine, plusieurs milliers de supporters se sont rassemblés autour de l’Obélisque de Buenos Aires afin de saluer malgré tout le parcours de l’Albicéleste. Le rassemblement a dégénéré après l’interpellation d’un supporter, provoquant des affrontements entre une partie de la foule et les forces de l’ordre. Selon le journal argentin Olé, la police est intervenue à l’aide de gaz lacrymogènes, balles en caoutchouc, matraques et d’un véhicule anti-émeute pour disperser les manifestants. La soirée a également été marquée par des drames. D’après les services d’urgence du SAME, deux supporters, de 67 et 88 ans, sont décédés des suites d’arrêts cardiaques survenus pendant la retransmission de la finale.
Au terme d’une Coupe du monde aussi spectaculaire que mouvementée, l’Espagne entre dans le cercle des grandes nations du football mondial avec un deuxième sacre historique.
Abdoulaye Bah

