Jeudi 9 juillet, Aboubacar Tilpony Bangoura, premier vice-président du Conseil préfectoral des organisations de la société civile de Coyah, a analysé, au cours d’une interview accordée à votre satirique, l’actualité sociopolitique, au lendemain des élections communales et législatives, organisées après plusieurs années de transition.
Saluant le retour à l’ordre constitutionnel qu’il considère comme une étape porteuse d’espoir, il est également revenu sur la déclaration du ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Ibrahima Kalil Condé, relative au remplacement des élus locaux défaillants par des délégations spéciales, au cas où. Pour le responsable de la société civile, la fin de la transition constitue une avancée majeure pour la Guinée. « Tout d’abord, nous devons nous réjouir d’être sortis de la transition et de revenir à la période normale. C’est une source d’espoir », affirme-t-il. Selon lui, le retour aux institutions élues constitue une étape essentielle pour relancer le développement du pays. « Nous pensons qu’avec cette étape, le développement tant souhaité va enfin être amorcé et que la Guinée pourra sortir de certaines difficultés auxquelles elle était confrontée durant la transition. Une transition, il faut le reconnaître, n’est pas souhaitée. Mais quand elle survient, on est obligé de la gérer, de faire avec et d’en sortir. Nous, en tant qu’acteurs de la société civile, sommes vraiment réconfortés, par ce que nous considérons comme le triomphe de la démocratie », souligne-t-il.
Le 3 juillet, le ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Ibrahima Kalil Condé, avait déclaré au lendemain de l’élection des maires, que les élus qui failliraient à leur mission pourraient être remplacés par des présidents de délégations spéciales. Le responsable estime que le rappel de la loi est légitime, même s’il désapprouve la manière dont le message a été formulé. « Nous ne souhaitons même pas revenir dans cette situation, parce que nous savons tous que la mise en place d’une délégation spéciale est soumise à un certain nombre de procédures. Pour moi, cette déclaration visait sans doute à insuffler un esprit de bonne gestion chez les nouveaux conseillers, car aucun d’entre nous ne souhaite revivre une période de délégations spéciales », explique Aboubacar Tilpony Bangoura.

Rappelant cependant que cette possibilité est bel et bien prévue par la loi. « Les citoyens doivent savoir que ce principe existe et que c’est la loi qui l’autorise. En cas de défaillance, l’autorité compétente peut agir conformément aux dispositions légales. Lorsqu’un maire est reconnu coupable de malversations ou d’autres fautes graves, la loi permet effectivement la mise en place d’une délégation spéciale. Tout dépend de l’application des textes en vigueur. »
Toutefois, Aboubacar Tilpony Bangoura estime que les nouveaux élus devraient être accompagnés plutôt que mis en garde dès leur prise de fonction. « On ne peut pas menacer les gens dès le début. Faire une menace dès le départ, je ne trouve pas cela très approprié. »
S’adressant aux nouveaux maires et conseillers communaux, l’acteur de la société civile de Coyah les invite à exercer leur mandat dans le respect de l’intérêt général et des textes qui régissent les collectivités locales. « Je voudrais dire aux nouveaux maires que la chose publique appartient à toute la collectivité. Ils doivent gérer conformément au Code des collectivités et tout mettre en œuvre pour satisfaire les attentes de ceux qui les ont choisis. Ils sont issus de la volonté populaire et ne doivent pas décevoir ceux qui leur ont fait confiance », a-t-il indiqué, soulignant aussi qu’Il faut surtout œuvrer dans le sens de la cohésion sociale et du développement, « sans céder à la tentation du pouvoir ou de l’argent, en gardant à l’esprit que toute responsabilité a un début et une fin », conclut Aboubacar Tilpony Bangoura.
Mariama Dalanda Bah, envoyée spéciale

