Début juillet, devant un parterre de maires et de proches, le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, a envisagé de créer son propre parti. Le programme de société de la future formation politique est sur le métier et on s’active à l’identification du nom et du logo. Les échéances électorales sont proches. Si le malaise entre le prési sénégalais et son mentor, le prési de l’Assemblée nationale, n’était plus qu’un secret de polichinelle, il a été éventré en la circonstance. De la querelle de clocher à fleuret moucheté, on en vient au conflit ouvert, incandescent. En d’autres termes, l’époustouflant duo s’est transformé rapidement en duel avant même d’avoir entrepris les premières réformes transformatrices de la société sénégalaide. Les égos se sont très tôt toisés et affrontés. On est déjà bien loin de l’époque où on fredonne dans les rues de Dakar, Mbour, Ziguinchor « Sonko, c’est Diomaye ; Diomaye c’est Sonko ».
Pourquoi donc cette belle symphonie qui avait suscité tant d’espoir et de perspectives notamment au sein de la jeunesse, s’est-elle dévoyée et prématurément estompée ? Les égos des deux têtes d’affiche de la dynamique se sont télescopés et ont mis en mal leur œuvre. Au Sénégal et même au-delà des frontières de ce bled, l’aura de Ousmane Sonko s’était accrue lorsqu’il avait, en 2024, adoubé la candidature de Bassirou Diomaye Faye à l’élection présidentielle, quand son inéligibilité avait été formellement établie. Contrairement à l’habitude ancrée dans le microcosme politique africain, le leader du PASTEF, inéligible, n’opte pas pour la tactique de la chaise vide. Il exhorte ses militants à voter pour le candidat du parti, Diomaye Faye, dont la victoire est, au bout du compte éclatante. Ainsi, le pouvoir n’échappe pas au camp de Ousmane Sonko, au grand dam de ses adversaires.
Ousmane Sonko et ses camarades du PASTEF venait de montrer qu’il y a une autre manière de faire la politique qui allait désormais enrichir le corpus politique et vivifier les systèmes électoraux africains. Hélas ! Le bras de fer qu’engagent les deux anciens compagnons de lutte contre le Prési Macky Sall et l’APR n’augure rien de bon pour cette expérience qui à bien l’air, à présent, d’être mort-né. Une vraie symphonie inachevée !
Abraham Kayoko Doré

