Le PM Amadeus Oury Bah a inauguré, le 15 juillet, un complexe de loisirs à Wanindara. Foyer de tensions sociopolitiques longtemps abandonné par l’État, ce buisson de la commune de Sonfonia et de l’Axe Le Prince commence à retenir l’attention du goubernement.
Entre reconnaissance, espoir et appel à la préservation des acquis, les habitants de l’Axe Hamdallaye-Kagbélen, autrefois marginalisés, veulent désormais rompre avec l’image de « ghetto » qui leur était collée. Dans cet ancien fief de l’opposition, la présence de l’État s’est longtemps matérialisée par les symboles répressifs. Ceux-ci avaient pris le pas sur la réalisation des infrastructures sociales : écoles, hôpitaux, espaces de loisirs pour jeunes et enfants…
Le 15 juillet, les autorités ont inauguré un complexe sportif et éducatif à Wanindara, en banlieue de Cona-cris. Il comprend un terrain de football, une école primaire, un restaurant et des centres de formation. Histoire d’offrir de nouvelles perspectives aux jeunes d’un quartier qui, pendant des années, a été associé aux manifs de rue, aux affrontements et aux revendications sociales.

Lors de la cérémonie inaugurale, le PM Amadeus Oury Bah a rappelé le passé du coin qu’il connaît bien pour avoir plusieurs fois mobilisé l’Axe lors des manifs politiques quand il était opposant à Fory Coco, El Dadis ou Alpha Grimpeur : « Wanindara, c’était le ghetto. Maintenant, le ghetto est devenu fréquentable. La commune de Sonfonia est appelée à jouer un rôle majeur dans les années à venir. Ceux qui se sont battus pour la démocratisation dans ce pays, pendant longtemps, n’ont pas été reconnus. L’arrivée du président Doumbouya au pouvoir a permis de restaurer votre pleine citoyenneté. C’est la raison pour laquelle on inaugure des écoles et que les communes qui étaient auparavant à la périphérie deviennent aujourd’hui les centres des infrastructures du pays ». Même que « dans peu de temps, des activités créatrices de revenus seront des actions privilégiées du gouvernement. […] C’est vrai, il y a beaucoup à faire, mais retroussez-vous les manches. Soyez des citoyens modèles qui aspirent à la sécurité, à l’égalité, à la fraternité et au progrès. »
« Wanindara n’est pas barbare »
Interrogé le 17 juillet, Mohamed Aïssata Camara, chargé à l’organisation du bureau du conseil de quartier et jeune actif de Wanindara, jubile : « C’est un sentiment de joie, de satisfaction et de reconnaissance. Pour la petite histoire, ceux qui connaissent Wanindara comme l’a dit le Premier ministre, à un moment donné, c’était un ghetto. Mais aujourd’hui, voir des infrastructures de cette envergure dans notre quartier va orienter la jeunesse dans le bon sens et favoriser le développement local. Nous sommes très satisfaits et très contents du Premier ministre et de tout son gouvernement. »
Il estime que le quartier a été victime de préjugé. « La jeunesse de Wanindara n’est pas une jeunesse barbare. Les gens l’ont cru ainsi. Tout ce qui s’est passé ici était une manière d’exprimer des mécontentements. À cette époque, Wanindara ne disposait d’aucune infrastructure publique : pas de maison des jeunes, pas de terrain, ni aucun espace où les jeunes pouvaient se retrouver, échanger ou s’épanouir. Aujourd’hui, avec ces infrastructures, un changement est possible », espère Mohamed Aïssata Camara.

« La jeunesse de Wanindara n’est pas délinquante, renchérit-il. Elle était marginalisée et manipulée. » Selon lui, la sensibilisation et l’encadrement des jeunes produisent déjà leurs effets. « Toutes les structures de jeunesse sont désormais organisées. Avant, certains manipulateurs venaient semer la division. Aujourd’hui, nous savons que sans progrès, sans entente et sans paix, rien n’est possible. La jeunesse est conscientisée. Vous ne verrez plus un seul caillou à Wanindara. Beaucoup de jeunes suivent aujourd’hui des formations, participent aux forums et comprennent l’importance de la paix et de la cohésion sociale. »
Pérennisation
Mohamed Aïssata Camara appelle désormais les jeunes à prendre soin des nouvelles infrastructures afin qu’elles profitent durablement à toute la communauté : « Nous avons reçu ces infrastructures des mains du Président de la République et nous garantissons leur pérennisation. Il ne faut pas qu’un jeune vienne les dégrader ou créer des troubles. Nous prendrons toutes les dispositions nécessaires pour que la jeunesse de Wanindara, mais aussi celle des autres communes, puisse en bénéficier. »
Le défi de la gestion du complexe reste entier. Même si, à en croire Mohamed Aïssata Camara, un comité de gestion existait déjà avant la construction des nouvelles installations. Toutefois, il mériterait d’être réformé pour tenir compte de la nouvelle configuration administrative du site. Selon le chargé à l’organisation du bureau du conseil de quartier de Wanindara, les communes concernées, notamment Lambanyi et Sonfonia, devront mettre en place une structure conjointe chargée d’assurer la gestion, la sécurisation, la valorisation et surtout la pérennisation du complexe, présenté comme le symbole du renouveau de Wanindara.
Mariama Dalanda Bah

