La découverte macabre de six corps les yeux bandés et les mains ligotées à Allassoyah, dans Forécariah, continue de faire couler encre et salive. A l’occasion de la journée internationale des victimes de disparitions forcées, 20 organisations de la société civile africaines dénoncent avec la plus grande indignation la découverte macabre de six corps.  

« Nous condamnons les conditions dans lesquelles les corps ont été retrouvés, notamment les yeux, bouches bandées et les mains ligotées. Ces éléments particulièrement préoccupants font craindre que les victimes aient pu faire l’objet d’exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires et exigent que toutes les hypothèses soient examinées dans le cadre d’une enquête indépendante, impartiale et transparente », déclarent-t-ils.  

Ces organisations se souviennent que cette découverte tragique s’ajoute aux, au moins 35 cas de disparitions forcées documentés par TLP Guinée depuis le 5 septembre 2021. Avant de dire que cette découverte intervient moins d’un an après la découverte de quatre autres corps dans la même préfecture en octobre 2025, sans qu’aucune conclusion d’enquête n’ait été rendue publique. Pour la société civile africaine ce silence institutionnel entretient l’impunité et nie aux familles leurs droits à la vérité.  

Les 20 organisations de la société civile rappellent que la Guinée est partie aux organisations internationales comme le pacte international relatif aux droits civils e politiques, à la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples, et à la Déclaration universelle des droits de l’homme. D’où l’obligation impérieuse des gouvernants de protéger le droit à la vie, à la vérité et à la justice.  

Les autorités brisent le silence  

Après une vague d’indignation et interpellation, la commission nationale de défense et de sécurité s’est réunie pour, dit-elle, examiner et évaluer la situation générale. Et de dire qu’aussitôt informé le procureur de la République près le tribunal de première instance de Forécariah s’est transporté sur les lieux, accompagné des officiers de police judiciaire afin de procéder aux premières constations. « A l’issue de celle-ci, les corps ont été transportés à l’hôpital préfectoral de Forécariah en vue de poursuivre les opérations d’identification et éventuellement de déterminer les circonstances et les causes des décès »  

Pour la commission de défense à ce stade, la conclusion définitive ne peut être tirée. C’est pourquoi elle s’abstient de toute déclaration ou interprétation susceptible d’influencer les conclusions des investigations judiciaires en cours : « A cet effet, elle appelle la population au calme, à la prudence et à la collaboration avec les services d’enquête. Elle invite également à s’abstenir de toute spéculation ou diffusion d’informations non vérifiées susceptibles de perturber le bon déroulement des investigations. Elle rassure l’opinion publique que toutes les mesures nécessaires sont prises pour faire toute la lumière sur cette situation et que les résultats des enquêtes et les résultats des enquêtes seront communiqués au public par les voies et canaux officiels dans le respect de la procédure ».  

La ministre de l’Administration du territoire et de la décentralisation, Djénab Touré, accompagnée du procureur général près la Cour d’Appel de Conakry s’est rendue sur les lieux où les corps ont été découvert à Allassoyah pour dit-elle s’enquérir de la réalité.

Ibn Adama