Après leur interpellation, les trois responsables syndicaux de notre boîte à sous ont été auditionnés le 20 août, par le tribunal de première instance de Kaloum. Ils sont inculpés pour « violence et voies de fait » et attendent leur procès.
Le bras de fer se durcit entre la Délégation syndicale de la Banque centrale de la République de Guinée, BCRG, et l’administration de la banque. Les responsables de la délégation syndicale de notre boîte à sous : Aboubacar Sidiki Camara, secrétaire gênant adjoint, Aboubacar Yansané, chargé de la santé, de la sécurité et de l’hygiène au travail et Momo Camara, chargé des affaires sociales du syndicat de la BCRG ont annoncé depuis le 6 août, un préavis de crève allant « du 10 au 20 août 2026 ». Le syndicat a dénoncé le « refus catégorique » du gouv de la BCRG, Karamo Kaba, de ratifier le prototocole d’accord 2026. Peu après, le ton est monté.
Le 12 août, dans un communiqué, le syndicat s’est rétracté, il a suspendu son préavis de grève. Histoire, selon lui, de « privilégier le dialogue, la concertation et la recherche des solutions » à leurs revendications.
Réaction de Karamo Kabako
N’empêche ! Karamo Kabako a annoncé, dans un communiqué du 19 août, qu’un « mouvement de cessation collective du travail a été opéré » le même jour. Durant des heures, des travailleurs de l’institution bancaire auraient déserté le coin. Cet abandon momentané du travail aura impacté des services de la BCRG. Cela a « eu un impact sur le fonctionnement habituel de certains services et départements de l’Institution », a déploré Karamo Kabako, indiquant au personnel de l’institution que « le droit syndical ainsi que le droit de grève sont reconnus et garantis par la législation en vigueur. Leur exercice s’inscrit toutefois dans le respect des conditions, procédures et modalités prévues par le Code du travail, les textes réglementaires applicables ainsi que les règles internes de l’Institution. »
Il a rappelé que conformément aux dispositions du Code du travail relatives à la grève, « toute cessation collective et concertée du travail s’inscrit dans un cadre procédural incluant notamment les démarches de règlement préalables des différends collectifs, les phases de concertation ainsi que le respect des formalités de préavis prévues par la réglementation. »
N’empêche, il a juré, la main sur le palpitant, de faire appliquer la loi contre les déserteurs. « Les situations d’absence relevées le mercredi 19 août 2026 feront l’objet d’un examen individuel, conformément aux dispositions légales, réglementaires et statutaires en vigueur. Le cas échéant, toute suite administrative sera engagée dans le respect des procédures applicables et des droits de la défense », a écrit Karamo Kabako dans un communiqué, après l’interpellation musclée de trois responsables syndicaux.
La banque dit réaffirmer son engagement constant à maintenir des conditions de travail favorables à l’ensemble de son personnel. Elle invite, « l’ensemble du personnel et les organisations syndicales à poursuivre leurs activités dans un esprit de responsabilité, de respect mutuel et de conformités aux procédures légales et institutionnelles. » Ce que ceux-ci n’ont pas hésité à faire.
Ils seront jugés pour flagrant…délire
Après l’audition des trois leaders syndicaux à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), ils ont été présentés au parquet du tribunal de première instance de Kaloum. Ils y ont été entendus ainsi que le plaignant, Daouda Sankhon. Joint au téléphone par notre rédaction le 20 août, Me Mohamed Damantang Camara, l’un de leurs avocats (sans vinaigrette), dit qu’il est reproché à ses clients principalement « des infractions de violence et voies de fait. » Il ajoute qu’ils seront jugés en flagrant délire dans les prochains jours.
D’ici-là, les prévenus ont été remis à leur défense, afin qu’ils comparaissent librement devant le tribunal. Les chanceux !
Souleymane Bah

