Vendredi 28 août, un drame s’est produit, aux environs de 12 heures, au quartier Mafanco, tout près du grand marché de Madina, dans la commune de Matam. Aliya Camara, menuisier âgé d’une soixantaine d’années, est décédé après avoir chuté du 5ᵉ étage d’un immeuble en chantier où il travaillait. Une enquête a été ouverte.

L’immeuble concerné appartiendrait à un ressortissant libanais. Des travaux d’extension auraient été entrepris depuis plusieurs mois afin de faire passer le bâtiment de deux à cinq étages. La victime y travaillait comme ouvrier depuis la reprise du chantier, il y a moins d’un an. Âgé d’environ 60 ans, Aliya Camara est marié et père de huit enfants : trois filles et cinq garçons. Il réside à Dubréka.

Les circonstances de l’accident restent à élucider. Selon les informations recueillies sur place, la victime travaillait sur le coffrage d’un pilier au niveau de la cinquième dalle. Elle ne portait ni casque ni ceinture de sécurité au moment des faits. Le chantier ne disposerait d’aucun dispositif de protection permettant de prévenir ou d’atténuer les risques de chute. D’après des témoignages, Aliya Camara aurait tenté de changer de position lorsqu’il a perdu l’équilibre et ses appuis. Il a alors chuté du 5ᵉ étage jusqu’au niveau de la deuxième dalle. A l’arrivée des secours, il était déjà mort.

Après l’accident, des riverains et des passants se sont massivement mobilisés autour du chantier. La police, accompagnée d’agents de la protection civile, a rapidement établi un périmètre de sécurité. Le chef du quartier de Mafanco, Justin Bangoura, était absent au moment du drame. Informé de la situation, il s’est rapidement transporté sur les lieux pour constater les faits. Interrogé, il a indiqué ne pas être en mesure de fournir d’informations, l’enquête étant en cours.

Un père inconsolable

Le chantier a été immédiatement fermé et placé sous surveillance policière. Le personnel présent a été évacué. Le propriétaire de l’immeuble convoqué, le chef de chantier ainsi que plusieurs ouvriers présents au moment de l’accident ont été interpellés par les services de sécurité pour être entendus dans le cadre de l’enquête. Les agents mobilisés sur place n’ont pas souhaité s’exprimer, invoquant la nécessité de ne pas interférer dans les investigations.

Très affecté par la disparition de son fils, Souleymane Camara se trouvait dans le quartier au moment des faits. Visiblement sous le choc, les larmes aux yeux, il n’a pas été en mesure de s’exprimer à la presse. Il s’est difficilement prêté aux questions des enquêteurs.

La dépouille d’Aliya Camara a finalement été transportée à bord d’une ambulance à la morgue. L’enquête devra désormais déterminer les circonstances exactes de cette chute fatale et situer les éventuels manquements liés aux conditions de sécurité sur le chantier.

Abdoulaye Pellel Bah