Le viol est la forme la plus abjecte des violences basées sur le genre. Il avilit aussi bien le coupable que la victime. En effet, il révèle l’animalité et la bestialité de celui qui commet l’acte indigne d’un être humain et oblitère l’intégrité morale et physique de la nounou qui subit le préjudice. Dans la société, les deux protagonistes pâtissent de l’acte du fait des pesanteurs socioculturelles.

De nos jours, la commission du viol est aussi courante dans les agglomérations urbaines qu’en zone rurales. Ainsi, en avril dernier, un viol collectif a été commis dans le district de Djoma-Balandou, sous-préfecture de Kondianakoro, dans le buisson de Mandiana, en Haute-Guinée. Les auteurs ont été jugés au tribunal de 1ère instance de Mandiana, le 30 juillet dernier. Moussa Condé a écopé de 15 ans de réclusion criminelle et d’une amende de 700 millions de francs glissants. On note qu’il y a eu récidive et que la victime était ado.

Ce cas de viol collectif n’est pas isolé. Les cas similaires sont fréquents et sont constatés un peu partout sur l’ensemble du territoire guinéen. Aucune région, aucune communauté n’échappe aux prédateurs sexuels qui bravent les dénonciations de la presse et les condamnations de la justice.

Les auteurs et les victimes du viol sont de tous les pays de la planète et de toutes les couches socio-professionnelles. L’histoire contemporaine est traversée par des viols individuels et collectifs retentissants. Par exemple, dans la région d’Aix-En-Provence, en France, on peut citer le calvaire d’une victime, prénommée Laëtitia qui, pendant sept ans (entre 2015 et 2022), a subi le contrôle psychologique total, des violences et des viols de la part de son ex-compagnon, Guillaume B qui recrutait sur l’internet, sous prétexte de pratiques sodo-machistes, des hommes pour violer sa compagne sous l’emprise de diverses drogues. L’histoire foisonne d’exemples de ce genre.

Le viol collectif de l’ado de Mandiana a suscité un vif émoi dans la région et partout en Guinée. Il faut espérer que les lourdes peines infligées à Moussa Condé et ses complices contribueront à tiédir l’ardeur des violeurs, réduire la prévalence de cette pathologie, à défaut de l’éradiquer.

Abraham Kayoko Doré