En séjour aux Etats-Unis d’Amérique dans le cadre de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations-Unies, le Président guinéen a pris la parole, le 23 septembre, à la tribune officielle de l’ONU. Mamadi Doumbuya a notamment le fait que la Guinée ait pu organiser son retour « à l’ordre constitutionnel » sans aide extérieure. Le Chef de l’Etat, qui vante aussi les réalisations qu’il a faites depuis son arrivée, appelle à une réflexion sur les modèles de gouvernance appliqués en Afrique.
Lisez :
Monsieur le Président de la 81ème session de l’Assemblée Générale,
Monsieur le Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies,
Excellences Mesdames et Messieurs les Chefs d’État et de Gouvernement,
Excellences Mesdames et Messieurs les Chefs de délégation,
Mesdames et Messieurs,
Monsieur le Président,
Je voudrais, avant toute chose, vous adresser au nom du peuple souverain de la République de Guinée et de sa délégation 𝗺𝗲𝘀 𝗰𝗵𝗮𝗹𝗲𝘂𝗿𝗲𝘂𝘀𝗲𝘀 𝗳𝗲́𝗹𝗶𝗰𝗶𝘁𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝘃𝗼𝘁𝗿𝗲 𝗲́𝗹𝗲𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗮̀ 𝗹𝗮 𝗽𝗿𝗲́𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝗰𝗲 𝗱𝗲 𝗰𝗲𝘁𝘁𝗲 𝟴𝟭𝗲̀𝗺𝗲 𝘀𝗲𝘀𝘀𝗶𝗼𝗻 𝗼𝗿𝗱𝗶𝗻𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗹’𝗔𝘀𝘀𝗲𝗺𝗯𝗹𝗲́𝗲 𝗴𝗲́𝗻𝗲́𝗿𝗮𝗹𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗡𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗨𝗻𝗶𝗲𝘀.
Je forme le vœu que les travaux, sous votre conduite éclairée, permettent à notre Organisation de mieux répondre aux attentes légitimes des peuples du monde.
Je voudrais également saluer l’action constante de Monsieur le Secrétaire général, Antonio GUTERRES, à la tête de notre Organisation commune.
C’est avec un profond sentiment de fierté, mais aussi d’humilité, que je me présente devant cette auguste tribune, au nom du peuple souverain de la République de Guinée, pour partager avec 𝐥𝐚 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐮𝐧𝐚𝐮𝐭𝐞́ 𝐝𝐞𝐬 𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝗹𝗲 𝗰𝗵𝗲𝗺𝗶𝗻 𝗽𝗮𝗿𝗰𝗼𝘂𝗿𝘂 𝗽𝗮𝗿 𝗺𝗼𝗻 𝗽𝗮𝘆𝘀.
Mesdames et Messieurs,
Il y a trois ans, depuis cette même tribune, j’avais tenu, avec la franchise que mon pays et notre continent doivent à ce monde, 𝘂𝗻 𝗱𝗶𝘀𝗰𝗼𝘂𝗿𝘀 𝗱𝗲 𝘃𝗲́𝗿𝗶𝘁𝗲́. J’avais dit que 𝐥𝐞 𝐦𝐨𝐝𝐞̀𝐥𝐞 𝐝𝐞 𝐠𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐧𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐢𝐦𝐩𝐨𝐫𝐭𝐞́, 𝐬𝐚𝐧𝐬 𝐚𝐝𝐚𝐩𝐭𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧, 𝐬𝐮𝐫 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐢𝐧𝐞𝐧𝐭, 𝐩𝐞𝐢𝐧𝐚𝐢𝐭 𝐚̀ 𝐩𝐨𝐫𝐭𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐟𝐫𝐮𝐢𝐭𝐬 𝐚𝐭𝐭𝐞𝐧𝐝𝐮𝐬 𝐩𝐚𝐫 𝐧𝐨𝐬 𝐩𝐨𝐩𝐮𝐥𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬. 𝗝𝗲 𝗹𝗲 𝗺𝗮𝗶𝗻𝘁𝗶𝗲𝗻𝘀.
Mais je reviens aujourd’hui devant vous dans un esprit différent. 𝗡𝗼𝗻 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗱𝗲́𝗻𝗼𝗻𝗰𝗲𝗿, 𝗺𝗮𝗶𝘀 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗽𝗮𝗿𝘁𝗮𝗴𝗲𝗿 𝗾𝘂𝗲𝗹𝗾𝘂𝗲𝘀 𝗲́𝗹𝗲́𝗺𝗲𝗻𝘁𝘀 𝗳𝗮𝗰𝘁𝘂𝗲𝗹𝘀, avec le respect dû à cette assemblée, du chemin que la Republique de Guinée a choisi de tracer et des résultats que ce choix a produits.
𝗟𝗮 𝗥𝗲́𝗽𝘂𝗯𝗹𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗱𝗲 𝗚𝘂𝗶𝗻𝗲́𝗲 𝘀’𝗲𝘀𝘁 𝗱𝗼𝘁𝗲́𝗲 𝗱’𝘂𝗻𝗲 𝗻𝗼𝘂𝘃𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗖𝗼𝗻𝘀𝘁𝗶𝘁𝘂𝘁𝗶𝗼𝗻. Non pas une 𝐂𝐨𝐧𝐬𝐭𝐢𝐭𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐜𝐚𝐥𝐪𝐮𝐞́𝐞 𝐬𝐮𝐫 𝐮𝐧 𝐦𝐨𝐝𝐞̀𝐥𝐞 𝐞𝐱𝐭𝐞́𝐫𝐢𝐞𝐮𝐫, mais 𝘂𝗻𝗲 𝗟𝗼𝗶 𝗳𝗼𝗻𝗱𝗮𝗺𝗲𝗻𝘁𝗮𝗹𝗲 𝗳𝗮𝗰̧𝗼𝗻𝗻𝗲́𝗲 𝗽𝗮𝗿 𝗹𝗲 𝗽𝗲𝘂𝗽𝗹𝗲 𝗴𝘂𝗶𝗻𝗲́𝗲𝗻 𝗹𝘂𝗶-𝗺𝗲̂𝗺𝗲, 𝗱𝗶𝘀𝗰𝘂𝘁𝗲́𝗲, 𝗮𝗺𝗲𝗻𝗱𝗲́𝗲 𝗲𝘁 𝗮𝗱𝗼𝗽𝘁𝗲́𝗲 𝗽𝗮𝗿 𝘃𝗼𝗶𝗲 𝗿𝗲́𝗳𝗲́𝗿𝗲𝗻𝗱𝗮𝗶𝗿𝗲, à l’image de sa propre histoire et de sa propre diversité.
Cette Constitution introduit 𝗱𝗲𝘀 𝗶𝗻𝗻𝗼𝘃𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗽𝗿𝗼𝗳𝗼𝗻𝗱𝗲𝘀 𝗲𝗻 𝗳𝗮𝘃𝗲𝘂𝗿 𝗱𝘂 𝘃𝗶𝘃𝗿𝗲-𝗲𝗻𝘀𝗲𝗺𝗯𝗹𝗲 : une représentation renforcée de nos terroirs et de nos communautés, des garanties nouvelles pour l’alternance de gouvernance participative, et une reconnaissance affirmée de notre pluralité linguistique, religieuse et culturelle comme fondement de l’unité sacrée nationale plutôt que comme facteur de division.
Sur le fondement de cette Constitution, la République de Guinée a organisé 𝗹’𝗶𝗻𝘁𝗲́𝗴𝗿𝗮𝗹𝗶𝘁𝗲́ 𝗱𝗲 𝘀𝗼𝗻 𝗰𝘆𝗰𝗹𝗲 𝗲́𝗹𝗲𝗰𝘁𝗼𝗿𝗮𝗹 𝐝𝐢𝐫𝐞𝐜𝐭 𝐩𝐫𝐞́𝐬𝐢𝐝𝐞𝐧𝐭𝐢𝐞𝐥𝐥𝐞, 𝐥𝐞́𝐠𝐢𝐬𝐥𝐚𝐭𝐢𝐯𝐞𝐬, 𝐥𝐨𝐜𝐚𝐥𝐞𝐬, et l’installation de toutes les institutions qui en découlent 𝗳𝗶𝗻𝗮𝗻𝗰𝗲́𝗲 𝗮̀ 𝗰𝗲𝗻𝘁 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗰𝗲𝗻𝘁 𝗽𝗮𝗿 𝗹𝗲 𝗧𝗿𝗲́𝘀𝗼𝗿 𝗴𝘂𝗶𝗻𝗲́𝗲𝗻.
Je le dis avec une fierté légitime devant cette Assemblée : 𝗮𝘂𝗰𝘂𝗻 𝗱𝗲 𝗰𝗲𝘀 𝘀𝗰𝗿𝘂𝘁𝗶𝗻𝘀, 𝘀𝘂𝗿 𝘁𝗼𝘂𝘁𝗲 𝗹’𝗲́𝘁𝗲𝗻𝗱𝘂𝗲 𝗱𝗲 𝗻𝗼𝘁𝗿𝗲 𝘁𝗲𝗿𝗿𝗶𝘁𝗼𝗶𝗿𝗲, 𝗻’𝗮 𝗰𝗼𝗻𝗻𝘂 𝗱’𝗶𝗻𝗰𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁 𝘀𝗶𝗴𝗻𝗶𝗳𝗶𝗰𝗮𝘁𝗶𝗳, de la part d’aucun des acteurs du processus électoral. C’est la preuve, Mesdames et Messieurs, 𝗾𝘂’𝘂𝗻 𝗽𝗮𝘆𝘀 𝗮𝗳𝗿𝗶𝗰𝗮𝗶𝗻 𝗽𝗲𝘂𝘁 𝗼𝗿𝗴𝗮𝗻𝗶𝘀𝗲𝗿, 𝘀𝗲𝘂𝗹, 𝘀𝘂𝗿 𝘀𝗲𝘀 𝗽𝗿𝗼𝗽𝗿𝗲𝘀 𝗿𝗲𝘀𝘀𝗼𝘂𝗿𝗰𝗲𝘀, 𝗱𝗲𝘀 𝗲́𝗹𝗲𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗰𝗿𝗲́𝗱𝗶𝗯𝗹𝗲𝘀, 𝗮𝗽𝗮𝗶𝘀𝗲́𝗲𝘀 𝗲𝘁 𝗮𝗰𝗰𝗲𝗽𝘁𝗲́𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝘁𝗼𝘂𝘀.
Je ne suis pas venu devant cette tribune pour dresser un inventaire exhaustif. Mais je crois utile, pour étayer mon propos, de partager avec vous un simple aperçu de ce que la Republique de Guinée a accompli, 𝗲𝗻 𝗺𝗼𝗶𝗻𝘀 𝗱𝗲 𝘁𝗿𝗼𝗶𝘀 𝗮𝗻𝗻𝗲́𝗲𝘀 :
𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗱𝗲 𝗺𝗶𝗹𝗹𝗲 𝗸𝗶𝗹𝗼𝗺𝗲̀𝘁𝗿𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝗿𝗼𝘂𝘁𝗲𝘀 𝗯𝗶𝘁𝘂𝗺𝗲́𝗲𝘀, qui désenclavent nos régions ;
𝗹𝗲 𝗺𝗲́𝗴𝗮𝗽𝗿𝗼𝗷𝗲𝘁 𝗦𝗶𝗺𝗮𝗻𝗱𝗼𝘂, 𝗹𝗲 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝘃𝗮𝘀𝘁𝗲 𝗽𝗿𝗼𝗷𝗲𝘁 𝗺𝗶𝗻𝗶𝗲𝗿 𝗲𝘁 𝗱’𝗶𝗻𝗳𝗿𝗮𝘀𝘁𝗿𝘂𝗰𝘁𝘂𝗿𝗲𝘀 𝗱’𝗔𝗳𝗿𝗶𝗾𝘂𝗲, 𝗮𝘂𝗷𝗼𝘂𝗿𝗱’𝗵𝘂𝗶 𝗿𝗲́𝗮𝗹𝗶𝘀𝗲́ ;
𝗱𝗲𝘀 𝗲́𝗰𝗼𝗹𝗲𝘀 𝗲𝘁 𝗱𝗲𝘀 𝗵𝗼̂𝗽𝗶𝘁𝗮𝘂𝘅 𝗰𝗼𝗻𝘀𝘁𝗿𝘂𝗶𝘁𝘀 sur l’ensemble du territoire national ;
𝘁𝗿𝗼𝗶𝘀 (𝟬𝟯) 𝗿𝗮𝗳𝗳𝗶𝗻𝗲𝗿𝗶𝗲𝘀 𝗱’𝗮𝗹𝘂𝗺𝗶𝗻𝗲 𝗲𝗻 𝗰𝗼𝘂𝗿𝘀 𝗱𝗲 𝗰𝗼𝗻𝘀𝘁𝗿𝘂𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻, pour transformer notre bauxite sur notre propre sol ;
𝗹𝗮 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗴𝗿𝗮𝗻𝗱𝗲 𝗿𝗮𝗳𝗳𝗶𝗻𝗲𝗿𝗶𝗲 𝗱’𝗼𝗿 𝗱’𝗔𝗳𝗿𝗶𝗾𝘂𝗲, 𝗲𝗻 𝗰𝗮𝗽𝗮𝗰𝗶𝘁𝗲́ 𝗱𝗲 𝗽𝗿𝗼𝗱𝘂𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻, 𝗱𝗲́𝗷𝗮̀ 𝗮𝗰𝗵𝗲𝘃𝗲́𝗲 ;
-𝗨𝗻 𝗽𝗿𝗼𝗴𝗿𝗮𝗺𝗺𝗲 𝗱𝗲 𝗱𝗲́𝘃𝗲𝗹𝗼𝗽𝗽𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝘀𝗼𝗰𝗶𝗼-𝗲́𝗰𝗼𝗻𝗼𝗺𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗱𝘂𝗿𝗮𝗯𝗹𝗲 𝗲𝘁 𝗿𝗲𝘀𝗽𝗼𝗻𝘀𝗮𝗯𝗹𝗲 𝗱𝗲 𝗺𝗼𝗻 𝗽𝗮𝘆𝘀 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝟭𝟱 𝗽𝗿𝗼𝗰𝗵𝗮𝗶𝗻𝗲𝘀 𝗮𝗻𝗻𝗲́𝗲𝘀, 𝗦𝗜𝗠𝗔𝗡𝗗𝗢𝗨 𝟮𝟬𝟰𝟬.
𝗟𝗲 𝗣𝗿𝗼𝗴𝗿𝗮𝗺𝗺𝗲 𝗦𝗶𝗺𝗮𝗻𝗱𝗼𝘂 𝟮𝟬𝟰𝟬 𝗶𝗻𝗰𝗮𝗿𝗻𝗲 𝘂𝗻𝗲 𝗮𝗺𝗯𝗶𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲 𝘁𝗿𝗮𝗻𝘀𝗳𝗼𝗿𝗺𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝘀𝘁𝗿𝘂𝗰𝘁𝘂𝗿𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗱𝗲 𝗻𝗼𝘁𝗿𝗲 𝗲́𝗰𝗼𝗻𝗼𝗺𝗶𝗲. Il ne s’agit pas seulement d’un projet minier, mais 𝗱’𝘂𝗻 𝘃𝗲́𝗿𝗶𝘁𝗮𝗯𝗹𝗲 𝗹𝗲𝘃𝗶𝗲𝗿 𝘀𝘁𝗿𝗮𝘁𝗲́𝗴𝗶𝗾𝘂𝗲 pour accélérer le développement des infrastructures, de l’agriculture, de l’énergie, de l’éducation, de la santé et de l’industrie.
Ces résultats, 𝗼𝗯𝘁𝗲𝗻𝘂𝘀 𝗲𝗻 𝗺𝗼𝗶𝗻𝘀 𝗱𝗲 𝘁𝗿𝗼𝗶𝘀 𝗮𝗻𝘀, ne sont pas cités par vanité. Ils illustrent une conviction que je veux partager avec cette Assemblée.
𝗡𝗼𝘁𝗿𝗲 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗴𝗿𝗮𝗻𝗱𝗲 𝗿𝗶𝗰𝗵𝗲𝘀𝘀𝗲 𝗱𝗲𝗺𝗲𝘂𝗿𝗲 𝘁𝗼𝘂𝘁𝗲𝗳𝗼𝗶𝘀 𝗻𝗼𝘁𝗿𝗲 𝗷𝗲𝘂𝗻𝗲𝘀𝘀𝗲. Nous devons lui offrir une éducation de qualité, des formations adaptées aux besoins du marché du travail à travers l’initiative 𝗦𝗜𝗠𝗔𝗡𝗗𝗢𝗨 𝗔𝗖𝗔𝗗𝗘𝗠𝗬, ainsi que de réelles opportunités d’emploi et d’entrepreneuriat.
Mesdames et Messieurs les Chefs d’État et de Gouvernement,
L’expérience guinéenne récente m’autorise, avec respect, à formuler une conviction : 𝗹𝗼𝗿𝘀𝗾𝘂𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝗺𝗼𝗱𝗲̀𝗹𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝗴𝗼𝘂𝘃𝗲𝗿𝗻𝗮𝗻𝗰𝗲 𝘀𝗼𝗻𝘁 𝗮𝗱𝗮𝗽𝘁𝗲́𝘀 𝗮𝘂𝘅 𝗿𝗲́𝗮𝗹𝗶𝘁𝗲́𝘀 𝗵𝗶𝘀𝘁𝗼𝗿𝗶𝗾𝘂𝗲𝘀, 𝘀𝗼𝗰𝗶𝗮𝗹𝗲𝘀 𝗲𝘁 𝗰𝘂𝗹𝘁𝘂𝗿𝗲𝗹𝗹𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝗰𝗵𝗮𝗾𝘂𝗲 𝗻𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻, 𝗽𝗹𝘂𝘁𝗼̂𝘁 𝗾𝘂’𝗶𝗺𝗽𝗼𝗿𝘁𝗲́𝘀 𝘀𝗮𝗻𝘀 𝗱𝗶𝘀𝗰𝗲𝗿𝗻𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁, 𝗹𝗲 𝗱𝗲́𝘃𝗲𝗹𝗼𝗽𝗽𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝘀’𝗮𝗰𝗰𝗲́𝗹𝗲̀𝗿𝗲.
Regardons l’Asie. Regardons certains pays du Proche-Orient. Ils n’ont pas attendu qu’un modèle extérieur leur soit validé pour bâtir leur prospérité. Ils ont su s’inspirer de l’expérience universelle tout en l’adaptant à leur propre génie national. 𝗘𝗻 𝘂𝗻𝗲 𝗴𝗲́𝗻𝗲́𝗿𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻, 𝗶𝗹𝘀 𝗼𝗻𝘁 𝗮𝗰𝗰𝗼𝗺𝗽𝗹𝗶 𝗰𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝗱’𝗮𝘂𝘁𝗿𝗲𝘀 𝗼𝗻𝘁 𝗺𝗶𝘀 𝘂𝗻 𝘀𝗶𝗲̀𝗰𝗹𝗲 𝗮̀ 𝗿𝗲́𝗮𝗹𝗶𝘀𝗲𝗿.
𝗟’𝗔𝗳𝗿𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗽𝗲𝘂𝘁, 𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗮𝘂𝘀𝘀𝗶, 𝗲𝗺𝗽𝗿𝘂𝗻𝘁𝗲𝗿 𝗰𝗲𝘁𝘁𝗲 𝘃𝗼𝗶𝗲. Ce n’est pas un rejet du monde ni de la coopération internationale, bien au contraire. C’est un appel à 𝘂𝗻 𝗽𝗮𝗿𝘁𝗲𝗻𝗮𝗿𝗶𝗮𝘁 𝗿𝗲𝗻𝗼𝘂𝘃𝗲𝗹𝗲́, 𝗿𝗲𝘀𝗽𝗲𝗰𝘁𝘂𝗲𝘂𝘅 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝘀𝗼𝘂𝘃𝗲𝗿𝗮𝗶𝗻𝗲𝘁𝗲́ 𝗱𝗲 𝗰𝗵𝗮𝗾𝘂𝗲 𝗻𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻, 𝗳𝗼𝗻𝗱𝗲́ 𝘀𝘂𝗿 𝗹𝗮 𝗰𝗼-𝗰𝗼𝗻𝘀𝘁𝗿𝘂𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗴𝗮𝗴𝗻𝗮𝗻𝘁-𝗴𝗮𝗴𝗻𝗮𝗻𝘁, plutôt que sur des schémas préétablis qui ignorent nos réalités.
La Republique de Guinée, pour sa part, reste et restera 𝘂𝗻 𝗽𝗮𝗿𝘁𝗲𝗻𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗳𝗶𝗮𝗯𝗹𝗲, 𝗼𝘂𝘃𝗲𝗿𝘁 𝗲𝘁 𝗲𝗻𝗴𝗮𝗴𝗲́ envers l’ensemble de la communauté internationale, dans le respect mutuel des souverainetés.
Monsieur le Président, Excellences, Mesdames et Messieurs,
𝗟𝗮 𝗥𝗲𝗽𝘂𝗯𝗹𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗱𝗲 𝗚𝘂𝗶𝗻𝗲́𝗲 𝗮𝘃𝗮𝗻𝗰𝗲. Elle avance 𝗮𝘃𝗲𝗰 𝘀𝗲𝘀 𝗽𝗿𝗼𝗽𝗿𝗲𝘀 𝗺𝗼𝘆𝗲𝗻𝘀, 𝘀𝘂𝗿 𝗹𝗮 𝗯𝗮𝘀𝗲 𝗱𝗲 𝘀𝗲𝘀 𝗽𝗿𝗼𝗽𝗿𝗲𝘀 𝗰𝗵𝗼𝗶𝘅, 𝗮𝘂 𝘀𝗲𝗿𝘃𝗶𝗰𝗲 𝗱𝗲 𝘀𝗼𝗻 𝗽𝗿𝗼𝗽𝗿𝗲 𝗽𝗲𝘂𝗽𝗹𝗲. Elle le fait dans le respect du droit international, dans l’esprit de la Charte des Nations Unies, et dans un esprit de coopération franche et sans exclusive avec l’ensemble de ses partenaires.
Je forme le vœu que cette expérience guinéenne puisse, modestement, inspirer une réflexion plus large sur 𝗹𝗲𝘀 𝘃𝗼𝗶𝗲𝘀 𝗺𝘂𝗹𝘁𝗶𝗽𝗹𝗲𝘀 𝗲𝘁 𝗹𝗲́𝗴𝗶𝘁𝗶𝗺𝗲𝘀 𝗱𝘂 𝗱𝗲́𝘃𝗲𝗹𝗼𝗽𝗽𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗻𝗼𝘁𝗿𝗲 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗶𝗻𝗲𝗻𝘁.
Je vous remercie de votre aimable attention.

