Après plusieurs années de procédures judiciaires, Amadou Dama-ronron Camara et Ibrahima le Cas-Sorry Fofana sont enfin sortis du bled. Une semaine plus tôt, ils avaient été autorisés par le parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) à quitter le territoire guinéen pour des raisons médicales. Le résultat de plus quatre années de bras de fer judiciaire.

L’ancien prési de l’Assemblée nationale a quitté la Guinée dans la nuit du mercredi 16 septembre 2026. Il poursuit sa convalescence à Atlanta, aux États-Inouïs d’Amérique où se trouve une partie de sa famille. Selon un de ses proches, Dama-ronron était particulièrement heureux et reconnaissant envers le chef de l’État pour cette autorisation: «Le président Amadou Damaro est effectivement parti mercredi nuit. Il est très content et reconnaissant envers le Chef de l’État. Si tout se passe bien, il rentrera en novembre prochain.»

Deux jours plus tard, vendredi 18 septembre, l’ancien Premier des ministres sous Alpha Grimpeur, Ibrahima le Cas-Sorry Fofana, a à son tour pris un coucou pour bénéficier de soins médicaux à l’étranger. Le Cas-Sorry a embarqué à bord d’un vol spécial. Selon son avocat (sans vinaigrette), le coucou a été affrété par le chef de l’État, Mamadi Doum-bouillant, afin de permettre à l’ancien PM de voyager dans des conditions adaptées à son état de santé.

Son avocat (sans vinaigrette) ne cache pas la satisfaction quant à la possibilité désormais offerte à son client de recevoir les soins dont il a besoin : « Je suis content de savoir que Kassory va désormais recevoir les soins médicaux nécessaires à son rétablissement. Sa pathologie a beaucoup progressé en raison du temps écoulé. Le plutôt était mieux, mais nous sommes contents. » L’ancien PM doit ainsi poursuivre sa prise en charge médicale en France, à l’hosto américain de Paris, qui avait découvert sa pathologie. L’état de santé du Cas-Sorry avait été régulièrement évoqué au cours de sa longue procédure judiciaire. Lui, comme Dama-ronron, avait demandé, à maintes reprises, une autorisation d’évacuation à l’étranger. En vain.

Ces voyages pour les deux pontes de l’ex parti au pourboire interviennent après plusieurs années de détention et de procédures judiciaires liées aux poursuites engagées contre eux devant la CRIEF.

Quatre années de procédures judiciaires

Amadou Damaro Camara avait été incarcéré en 2022 dans le cadre des poursuites engagées contre les anciens dignitaires de l’Alphagouvernance par la CRIEF. Poursuivi pour «détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux», il est condamné en première instance à cinq ans d’emprisonnement.  Dama-ronron a ensuite vu sa peine ramenée à trois ans et six mois en appel. Cette peine ayant été purgée, l’ancien prési de l’Assemblée nationale a finalement recouvré sa liberté. Voulant sortir du bled, il est bloqué quelques semaines plus tard à l’aéro-hangar Ahmed Sékou Tyran de Cona-cris. Cette fois-ci, c’est la bonne.

Le 2 juillet 2026, la Chambre des appels de la CRIEF a condamné Ibrahima Kassory Fofana à trois ans et neuf mois d’emprisonnement ainsi qu’à une amende de 2 petits milliards de francs guinéens pour « enrichissement illicite et blanchiment de capitaux. » La durée de détention déjà effectuée couvrant cette peine, l’ancien PM n’avait pas à retourner au gnouf pour l’exécuter. Le 10 septembre, le procureur spécial près la CRIEF, Alphonse Charles Wright, a officiellement levé la mesure d’interdiction de sortie du territoire national qui concernait le Cas-Sorry Fofana. La décision a ouvert la voie à son évacuation sanitaire vers l’Hexagone.

Yacine Diallo