Cette semaine, nous commémorons l’an cinq de la prise du pouvoir par le Comité National du Redressement et du Développement (CNRD). Et comme il est de coutume en pareille circonstance, nous allons nous livrer à un exercice qui va consister à jeter un regard rétrospectif sur la période ayant suivi ce changement de régime.

Par le biais du petit écran, le 21 septembre 2021, le colonel Mamadi Doumbouya, commandant des Forces Spéciales de Guinée, annonçait solennellement le renversement du régime du Professeur Alpha Condé, en ces termes : « L’instrumentalisation des institutions républicaines, de la justice, le piétinement des droits des citoyens, l’irrespect des principes démocratiques, la politisation à outrance de l’administration publique, la gabegie financière, la pauvreté et la corruption endémique ont amené l’armée guinéenne, à travers le Comité national du rassemblement et du développement, à prendre ses responsabilités vis-à-vis du peuple souverain de Guinée, dans sa totalité. »

En droite ligne de cette déclaration, une Charte de la transition a été adoptée le 27 septembre 2021 par le Comité National du Rassemblement et du Développement, qui a prévu les organes suivants de la transition :

–  Le CNRD : L’organe dirigeant de la junte militaire.

Le Président de la Transition : Chef de l’État (le général Mamadi Doumbouya), qui incarne la souveraineté de l’État.

Le Gouvernement de la Transition : Dirigé par un Premier Ministre, chargé de l’administration publique.

 – Le Conseil national de la transition (CNT) : Qui fait office de Parlement provisoire.

Cahin-caha, en droite ligne du chronogramme dynamique conclu avec la CEDAO, le CNRD a mis en oeuvre le processus du retour à l’ordre constitutionnel, dans un tempo qu’il imposa en dépit de l’opposition de plusieurs partis politiques, et de certains acteurs de la société civile. C’est ainsi donc que le référendum constitutionnel fut organisé le 21 septembre 2025, afin de permettre à la population de se prononcer sur l’adoption d’une nouvelle Constitution, afin de permettre aux citoyens de se prononcer sur l’adoption d’une nouvelle Constitution.

Cette constitution avec une large approbation a remplacé la Charte de la transition et ouvert la voie à une candidature du Général Mamadi Doumbouya à l’élection présidentielle du 28 décembre 2025. Une élection qui consacra le candidat du GMD, premier président de la Vème République de notre pays.

Dans le cadre de la poursuite du processus de retour à l’ordre constitutionnel, le 31 mai 2026, les élections communales et législatives ont été organisées pour élire les conseillers communaux et les députés de la Xème législature guinéenne. Les 147 députés élus ont été officiellement installés le 17 juillet 2026.

En attendant la mise en place du Sénat et des autres institutions prévues par la nouvelle Constitution, il y a lieu de noter que la transition militaire semble avoir dorénavant vécu. Et depuis quelques mois, notre pays renoue avec l’ordre constitutionnel remis en cause le 5 septembre 2021. Pour ce premier mandat, qu’il a obtenu à la faveur du vote du 28 décembre 2025, il revient désormais au Président de la République de tout mettre en oeuvre, pour ne pas décevoir ceux qui lui ont accordé leurs suffrages.

Thierno Saïdou Diakité