Après avoir accueilli les déchets de toute nature de la capitale durant 30 ans, la décharge de Dar-Es-Salam est sur le point d’être déplacée, pour laisser place à un parc urbain, à en croire les autorités. La cérémonie du lancement des travaux d’aménagement a eu lieu le 2 novembre.
Avec tambour et trompette, le gouvernement a lancé les travaux d’aménagement et de réhabilitation de la décharge de Dar-Es-Salam lundi 2 novembre, sous la présidence d’honneur du Premier ministre, Amadou Oury Bah. De nombreux ministres et les autorités locales ont également participé à l’évènement. Piloté par le ministère de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des hydrocarbures, le projet sera réalisé par l’entreprise chinoise Winning International Group. Après sa construction, le site de la décharge de Dar-Es-Salam sera un parc urbain végétalisé, avec des aires de jeux et de divertissement, selon le ministre de l’Assainissement, Aboubacar Camara.

Le ministre a rappelé que pendant plus de trois décennies, sur ce « domaine de plus de 28 hectares, environ 7,2 millions de tonnes de déchets ont été déversées. Le site a rejeté dans l’atmosphère quelques 250 000 tonnes de méthane, l’équivalent de 6 millions de tonnes de CO2. Tandis que c’est le jus qui percolait, sans traitement, vers le sol, dans l’atmosphère phréatique et malheureusement le littoral. Mais derrière les chiffres, il y a des ombres. Selon les estimations de mes services, fondés sur les références de l’OMS et l’appui de Mme la ministre de la Santé, environ 150 000 et 250 000 de nos concitoyens ont vécu chaque jour à moins de 2 kilomètres de cette décharge. Près de 2 millions en 25 ans. Les fumées, les incendies, les gaz du massif, les mouches et les rongeurs ont laissé leur marque dans ce quartier », a indiqué Aboubacar Camara, évoquant des milliers de bronchites et d’asthmes chroniques, des nourrissons nés trop petits, des récupérateurs à la santé brisée. « Monsieur le Premier ministre, en décidant la fermeture de ce site, le Président de la République vient d’éteindre une catastrophe écologique, sanitaire et environnementale dont nul ne pourra jamais mesurer l’ampleur silencieuse ».
Vers la fin du calvaire ?
Pour le ministre, la décharge de Dar-Es-Salam était devenue une honte nationale, parce que, dit-t-il quel que soit les efforts consentis pour assainir Conakry, tant que cette décharge demeurait ouverte, rien n’avait d’impact. « Notre devoir sera de veiller à la qualité des travaux, à la maîtrise des risques et à la préservation durable des résultats », s’est-il engagé, avant de dire que la réhabilitation de la décharge de Dar-Es-Salam ne mettra pas à elle seule un terme à la situation que connaît le pays dans le cadre de l’insalubrité. Pour en sortir définitivement, Aboubacar Camara préconise un mécanisme de financement pérenne, car la pré-collecte, la collecte, le transport, le tri et la valorisation des déchets forment une chaîne continue dont chaque maillon a un coût permanent, et qui ne peut être, selon lui, porté par le seul budget national.
Un cadre de vie sain
Pour le Premier ministre, Amadou Oury Bah, le projet engage la sécurisation de la décharge. Ensuite, la réduction de ses nuisances et sa transformation progressive en un espace urbain végétalisé. Et d’expliquer que la première finalité du projet d’aménagement et de réhabilitation de la décharge de Dar-Es-Salam est de permettre aux familles de vivre dans un environnement plus sûr. « Cette réhabilitation matérialise la vision du chef de l’État, portée par le Programme de développement socioéconomique durable et responsable Simandou 2040. La modernisation de la Guinée doit améliorer les conditions d’existence de nos concitoyens ».
Le PM affirme que la santé et le bien-être commencent aussi par un quartier salubre, un habitat protégé et des services publics réguliers. « La même exigence de protection doit valoir pour tous, quelle que soit la condition sociale », dit-il. Pour cela, Amadou Oury Bah estime qu’elle exige une continuité dans la collecte, le transport et le traitement des déchets, avec des installations qui protègent les communautés riveraines. Elle appelle aussi à une meilleure prévention des risques dans l’aménagement urbain et des réponses rapides aux alertes des habitants. « La qualité des travaux et leur utilité durable pour les populations donneront à ce partenariat toute sa valeur. La réalisation du chantier exige une maîtrise rigoureuse des risques liés à la stabilité du site, aux eaux polluées et aux émissions de gaz. La protection des riverains et des travailleurs guidera chaque intervention. L’usage futur des espaces restera soumis aux vérifications des services compétents. Leurs entretiens et leurs surveillances doivent être organisés dès maintenant ». Sur la page Facebook du ministre Aboubacar Camara la durée du projet d’aménagement et de réhabilitation de la décharge de Dar-Es-Salam est d’un an.
Mamadou Adama Diallo

