Le 2 novembre, un groupe de vendeuses au grand marché de Kindia, ont manifesté dans les rues de la cité d’agrumes. Elles réclament la restitution de leurs anciennes places.
Les manifestantes, munies de pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Vive Mamadi Doumbouya ; À bas le bail au marché de Kindia », ont marché du Commissariat central de la police à la mairie de la commune. Elles ne digèrent pas le fait qu’elles aient été déguerpies du grand marché dans la perspective d’un bail. Ces femmes dénoncent également le manque d’espaces aménagés dans le site choisi pour les relocaliser.
Faute de pouvoir rester à l’intérieur du grand-marché de Kindia, des vendeuses occuperaient les abords des routes, exposant ainsi leurs vies, malgré le fait qu’elles continuent à payer quotidiennement les taxes : « Trop, c’est trop ! On nous a tellement amadouées avec les baux dans le marché de Kindia. Chaque maire qui vient nous trompe. Tout le marché est cédé au détriment des femmes. Nous n’avons plus de places au marché, mais nous payons chaque jour les taxes. Nous sommes obligées de vendre sur la route, au risque de nos vies », a déclaré la présidente des vendeuses, Hadja Marie. Celle-ci dénonce ce qu’elle considère comme des « promesses non tenues par les autorités municipales successives. » Hadja Marie exige aux autorités locales, la restitution de leurs anciennes places, qui sont aujourd’hui « occupées par des constructions commerciales. Les bouchers ont été les premiers déguerpis, peu après ils ont été recasés. Pourquoi pas nous les vendeuses ? » Elle sollicite l’implication du Président de la République, Mamadi Doumbouya.

Bountouraby Camara, étalagiste, dénonce aussi des promesses non tenues : « On nous a demandé de quitter nos places pour construire le marché, en nous promettant des hangars. Mais aujourd’hui, nous ne voyons que des bâtiments en étages transformés en boutiques. Nous n’avons plus d’endroit où étaler nos marchandises. Si le Président ne vient pas à notre secours, nous ne savons plus quoi faire. »
À en croire Fatoumata Sylla, la situation est particulièrement éprouvante pour les femmes qui dépendent de cette activité pour subvenir aux besoins de leurs familles : « Nous sommes dans le regret total. Nous n’avons plus de places au marché et, là où nous étions installées, on vient encore nous déguerpir. Nous sommes pauvres. Nous demandons au Président de nous aider à obtenir des places pour subvenir aux besoins de nos enfants. Nous sommes un grand soutien pour nos maris. »
La manifestation n’a été que de courte durée. La gendarmerie est intervenue pour disperser les manifestantes à coup de gaz lacrymogène. Chez les autorités locales, c’est silence radio.
Kadiatou Diallo

