Les 27 et 28 octobre ont lieu, respectivement, un atelier de médias à Cona-cris et une immersion de journaleux dans la mine de Siman-doux à Beyla, développée par le consortium Rio Tinto/Simfer. Cela a permis aux journaleux de mieux s’enquérir du fonctionnement du projet, du niveau de sa réalisation, ainsi que du mécanisme des opérations minières sur le site.

Entré en production en 2025, le minerai de fer du Simandou, avec une teneur moyenne de 65%, a été expédié sur le marché international en novembre 2025. Le minerai, extrait en partie à Beyla, au sud de la Guinée, est acheminé par train vers la côte guinée-haine pour être exporté, via le port multiservice de Moribaya, dans la préfecture de Forécariah. Les blocs 3 et 4 de la chaîne de montage Simandou, longue de 110 km, sont développés par le consortium Rio Tinto/Simferet ses partenaires dont Chalco et l’État guinéen. Rio Tinto, actionnaire majoritaire, et son associé principal, Simfer, pilotent les opérations.

« Nous sommes à une phase très critique du projet qui est l’opérationnalisation et l’exportation du minerai de fer de Simandou. Pour nous, c’est extrêmement important que le partenariat soit fonctionnel avec l’État, mais aussi avec nos partenaires industriels comme Chalco, pour s’assurer que tous les intérêts soient défendus, afin que le projet soit un succès pour toutes les parties », déclare Aboubacar Koulibaly, le dirlo gérant de Rio Tinto Guinée, par ailleurs dirlo gênant adjoint du consortium, lors de l’atelier des médias du 27 octobre à Cona-cris.

Site de concassage de la mine de Simandou à Moribadou (Beyla)

La mine de Beyla est en exploitation, le rail de 600 km est opérationnel, mais la partie du port de Moribaya développée par le consortium n’est pas totalement en service, l’infrastructure est à 92% de taux de réalisation. « Nous sommes en train de faire la mise en service du port en ce moment, notre premier bateau de transbordement baptisé Wontanara est arrivé en Guinée ; ce nom est pour magnifier notre culture d’entreprise. Toutes les infrastructures permanentes du port, phase 2, sont terminées. Bientôt les travaux de construction seront bouclés ; le port sera opérationnel au premier trimestre 2027, conformément au délai imparti », ajoute le dirlo, précisant que le consortium dispose de trois culbuteurs de wagons à Moribaya contre quatre pour Winning consortium Simandou (WSC) qui exploite les blocs 1 et 2 du même gisement de fer, à Kérouané.

Construction et extraction cohabitent

En attendant, Rio Tinto/Simfer utilise les installations portuaires de Winning consortium Siman-doux pour exporter son minerai de fer sur le marché international. Kox Gomba, promu dirlo gérant de Simfer en septembre dernier, a salué le dialogue entre médias et le consortium minier ; le premier du genre depuis sa nomination aux commandes de Simfer.

Par ailleurs, sur la mine, l’extraction s’opère au sommet de la chaîne de montagne Siman-doux. Ensuite, le minerai brut entre dans le premier concasseur, il est acheminé par un convoyeur long de douze kilomètres, concassé une seconde fois, trié et chargé dans les trains qui parcourent plus de 600 kilomètres vers la côte guinée-haine, direction le port de Moribaya. Sur la mine, des activités de construction s’opèrent en même temps que l’extraction. Une fois la mine en pleine opération, 60 millions de tonnes de minerai seront exploités par an. Pour l’heure, Ouéleba et Pic de Fon sont les deux zones principales en activité d’extraction. Selon Mike Castel, le dirlo du projet Siman-doux, actuellement 5 000 personnes travaillent de façon directe sur la mine.

L’aciérie n’est pas pour demain

La construction d’une aciérie est l’une des composantes du mégaprojet Siman-doux, pour accroître la chaine de valeur minière dans le bled. Le consortium Rio Tinto/Simfer a signé un accord avec l’Etat guinéen pour les études de faisabilité d’une aciérie de deux millions de pellets de fer. « Les premières études ont été déposées, mais des contraintes énergétiques s’imposent, peut-être que les autorités guinéennes vont trouver la solution. Le projet minier, c’est à long terme. Il faut qu’on soit patient, il faut nous donner plus de temps. Il y aura une aciérie, mais pas pour demain », prévient un responsable de Rio Tinto/Simfer.

La mine de Simandou à Moribadou (Beyla)

En outre, Matt Baartz, le dirlo des opérations de la Compagnie du transguinéen (CTG), annonce que dès l’année prochaine, 50 trains vont passer sur les rails par jour (transguinéen), chaque train traînera 120 wagons ; 8 000 tonnes par voyage. Même que 150 locomotives pour 7 000 wagons seront prêtes pour acheminer le minerai vers le port.

Pour sa part, Moussa Bérété, le dirlo adjoint de la CTG, déclare que « nous sommes en train de nous battre pour mettre en place les préalables pour le voyage des citoyens par train. Il y aura le train de passagers, le train de minerais, et il y aura celui de fret ». Selon lui, des études sont en finalisation pour déterminer quand partira le train de fret, quand passera celui dédié aux passagers, tout comme ceux transportant le minerai. « Si auparavant on apprenait des gens comment ça marche, aujourd’hui des gens apprennent de nous sur le projet Simandou », affirme le Moussant Bérété.

Compensation des communautés

Sur le site minier à Beyla, les gens ne chôment poing. De la formation à la réalisation en passant par la simulation, de la mécanique au numérique, de la sécurité au secours, de la santé au divertissement, de la restauration au sport, rien n’est laissé au hasard. Tout comme la préservation, la protection et la restauration de la faune et de la flore, ainsi que l’implication directe des communautés riveraines dans la réalisation du projet. A Beyla, des sociétés et des entreprises guinéen-haines évoluent, comme Laguipres-Sécurité ou GPC. Cette dernière intervient dans le tri et le chargement du minerai concassé sur les trains.

En outre, rien que cette année, la pépinière de Nursery a produit 8 000 plants endémiques, 27 espèces, dit-on. La quasi-totalité a été mise en terre. Au total, 1 400 espèces végétales endémiques ont été identifiées pour le moment dans les environs, dont 42 plantes en liste de conservation.

Karamoba Dioubaté, le responsable de gouvernance, communautés et performances du consortium, soutient que la compensation des communautés est bouclée, même que le plan de restauration de leurs moyens de subsistance tend vers la faim de son élaboration. Plus de 34 milliards de francs glissants ont été déboursés de 2023 à 2026, dans des projets communautaires.

Yaya Doumbouya, envoyé spatial