Récemment, les sociétés exploitant les mines ont annoncé l’arrivée du premier minerai de fer du Simandou en Chine. Alors que l’exploitation a démarré en novembre dernier et suscite l’espoir pour le gouvernement ayant pour ambition de mettre en œuvre des projets de développement.
Le 16 avril, Mamoudou Nagnalen Barry, prési du Conseil d’Administration de la Compagnie TransGuinéen (CTG), l’entreprise chargée de la logistique du projet Simandou a animé une conférence de stress pour parler de ses réalisations et perspectives.
Le prési du Conseil d’administration a d’abord expliqué que le rôle de la CTG est le transport du minerai des différents blocs de mines de Beyla et Kérouané, de la gestion et de l’opération des infrastructures ferroviaires et portuaires du Projet Simandou. Avant de rappeler qu’avant l’avènement du CNRD, les infrastructures n’avaient pas la vocation d’être utilisées pour les personnes et les marchandises. « Il a fallu rediscuter, renégocier pour que d’abord, au niveau de la construction, on puisse tenir compte du fait que les infrastructures seront utilisées par les personnes et les marchandises. Nous avons investi plusieurs dizaines de millions de dollars à la demande de l’État, pour que les infrastructures puissent être construites et qu’elles puissent être adaptées à l’utilisation par les personnes », a-t-il déclaré.
Selon Mamoudou Nagnalen Barry, dans les accords, la CTG a un maximum de 2 à 3 ans pour mettre en place les gares, mettre le train en marche, afin de transporter les personnes et leurs biens. Mais, il veut accélérer. Déjà, une réunion a eu lieu pour identifier les emplacements des gares dans les préfectures traversées par le projet et réaliser les travaux, à moins de deux ans.
Deux millions de tonnes de fer exportées
Le président du CA du CTG a indiqué que l’objectif est d’exporter 120 millions de tonnes par an. Pour cela, il faut 150 locomotives. « Une locomotive, c’est plusieurs milliards de francs guinéens. Vous remarquez certainement sur les réseaux sociaux, chaque mois ou tous les deux mois, nous postons la réception de nouvelles locomotives. Jusqu’à l’année prochaine, nos commandes vont continuer d’arriver. C’est à mesure que nos commandes de locomotives arrivent que notre capacité d’exportation augmente. Aujourd’hui, déjà, nous avons plus de 2 millions de tonnes exportées », a révélé Mamoudou Nagnalen Barry.
Du fameux 15%
À l’image du gouvernement, le prési du CA de la CTG se glorifie de la part de la Guinée dans le projet, celle-ci s’élève à 15%. « Au-delà de cette part dans le minerai, il y a différentes taxes qui sont payées à l’État. Sur chaque employé, on paie des taxes à l’État. Et sur chaque tonne qui sort, on paie la taxe minière à l’État. En plus de cela, il y a d’autres taxes payées à l’État ». Ce qui, selon lui, fait du Simandou la base du projet de développement Simandou 2040. Parce que cela va générer des revenus importants pour l’État guinéen et permettre aussi à la Guinée de disposer d’infrastructures pour transporter les autres biens et pour impulser les autres projets. « A date, nous sommes à quelques millions de tonnes déjà exportées. Et je pense que quand on va atteindre le pic chaque année et chaque jour, on va avoir un ou deux bateaux de minerai qui seront exportés. »
Du port de Moribaya
D’aucuns disaient que le port en eau profonde de Moribaya(Forécariah) n’est pas encore totalement terminé. Que les barges transportent le minerai de fer en haute mer, pour le verser dans le bateau. Mais Mamoudou Nagnalen Barry est catégorique : la « partie commerciale du port est terminée à 100%. Très longtemps d’ailleurs. Les équipements importés du projet Simandou, la majorité, pour ne pas dire l’essentiel, a été importé par le port de Moribaya », clame-t-il, avant d’insister : « Nous recevons tout là-bas. Même les locomotives, les wagons que nous recevons, nous recevons tout à ce port. Le port conventionnel ? il est terminé. Maintenant, le port minéralier, oui, il y a certains travaux qui continuent et qui finiront dans un maximum de trois mois. Mais le port conventionnel, il fonctionne depuis très longtemps. Le port minéralier a deux quais. Le premier, zéro travail qui reste, il fonctionne depuis très longtemps. C’est le deuxième qui a quelques travaux qui restent et qui finiront normalement, avant la fin de l’année. Mais ça n’atteindra pas la fin de l’année, parce que les travaux vont plus vite que prévu ». Amen !
Ibn Adama

