Un incendie s’est déclaré au marché de Sonfonia dans la nuit du dimanche 17 au lundi 18 mai. Quatre boutiques et une concession familiale ont été touchées par les flammes. Aucune perte en vie humaine, mais des dégâts matériels considérables. Un court-circuit serait à l’origine du sinistre.
Lundi matin, les traces du brasier étaient encore visibles sur les lieux. Le feu, qui aurait pris naissance dans une boutique d’alimentation générale vers 2h du matin, s’est rapidement propagé aux autres commerces avant d’atteindre une concession contiguë. Le contenu d’au moins deux boutiques et de deux chambres de l’habitation a été entièrement réduit en cendres. Une partie des marchandises conservées dans une chambre froide notamment des poissons et des poulets a pu être sauvée. Aucune des victimes n’a affirmé avoir perdu d’importantes sommes d’argent liquide.
Sur place, désolation et désespoir dominent. Alors qu’à l’extérieur, s’amoncellent des gravats calcinés, à l’intérieur des boutiques, il ne reste que des débris. Les sinistrés pointent du doigt la société Électricité de Guinée (EDG) et dénoncent un retard des sapeurs-pompiers, qui seraient arrivés près de deux heures après le déclenchement de l’incendie.

Mamadou Billo Diallo, l’une des victimes, affirme avoir perdu sa marchandise d’une valeur de plus de 200 millions de francs guinéens. Il venait tout juste de ravitailler sa boutique. « J’ai tout perdu, rien n’a pu être sauvé. C’est vers 2 heures du matin qu’on m’a appelé pour m’informer du drame. Trois boutiques ont été sérieusement touchées. Même la maison du bailleur des boutiques a pris feu ». Le commerçant écarte toutefois la piste criminelle : « Toutes les boutiques étaient bien fermées. Pour moi, est un court-circuit » serait l’origine du feu.
Non assuré et estimant ne pas pouvoir porter plainte contre X, le père de trois enfants dit s’en remettre à Dieu. Il déplore les coupures et anomalies électriques récurrentes dans la zone et invite EDG à effectuer un diagnostic complet du réseau électrique du marché de Sonfonia, afin d’éviter de nouveaux drames. Il appelle aussi l’État à renforcer la sécurité des citoyens.
À cause de la chambre froide ?
À Conakry, les incendies sont souvent accompagnés d’actes de vol intervenant pendant le désordre général. Alpha Mamoudou Barry, autre victime, avant l’hypothèse du court-circuit, mais nie catégoriquement l’idée selon laquelle le feu serait parti de sa boutique équipée d’une chambre froide. « Ici, les dégâts sont limités. Nous n’avons pas encore terminé le bilan, mais beaucoup de choses ont pu être sauvées. Des documents ont brûlé et certains objets ont disparu, notamment une télévision accrochée au mur qui reste introuvable ». Qualifiant le retard des sapeurs-pompiers de « handicap », il les invite à être prompts face aux incendies.
À défaut d’être rapidement maitrisé, le brasier s’est propagé à la concession de Mabinty Traoré, administratrice du marché de Sonfonia et gestionnaire des boutiques sinistrées. Réveillée par les cris, elle croyait à une tentative de cambriolage avant de trouver les flammes dans son salon. La chambre attenante aux boutiques était déjà entièrement calcinée.

Mabinty Traoré déplore la récurrence des incendies dans le marché de Sonfonia. « À chaque fois, on assiste à des incendies liés à l’électricité. Le feu s’est déclaré vers 2h du matin. Beaucoup d’agents de sécurité sont venus, mais ils n’avaient pas d’eau. Nous avons appelé les sapeurs-pompiers jusqu’à 4h du matin. À leur arrivée, tous les meubles de la chambre et une partie du salon étaient déjà calcinés. Les dégâts sont énormes. Des enfants dormaient à l’intérieur, mais ils ont pu être évacués ». Selon elle, le départ du feu aurait eu lieu dans la boutique d’un certain Chérif. Elle a invité les autorités à revoir les installations électriques du marché.
Thierno Sadou Barry, chef du secteur Tombolia Plateau 2, où se situe une partie du marché de Sonfonia, est lui aussi propriétaire d’une boutique calcinée. Il a salué l’intervention des forces de sécurité et des habitants mobilisés pour maîtriser les flammes. S’agissant des accusations visant EDG, il est prudent : « Je ne peux pas dire le contraire. Ce n’est pas mon domaine. S’il y a eu un court-circuit, il faut que EDG vienne revoir les branchements électriques. »
Contrairement à plusieurs victimes, Thierno Sadou estime que les sapeurs-pompiers sont intervenus à temps.
Les incendies deviennent de plus en plus fréquents au marché de Sonfonia-Gare. Le dernier cas remonte à octobre 2025. Bien qu’elle ne soit pas directement chargée des installations électriques dans les concessions privées, Électricité de Guinée est régulièrement accusée par les commerçants d’être à l’origine de ces sinistres à répétition, à cause des coupures intempestives du courant qu’elle distribue à ses abonnés.
Abdoulaye BAH

