Le 13 mai, le Centre d’enrôlement de passeport express a ouvert ses portes à Kipé, commune de Ratoma. Il est uniquement fait pour délivrer des passeports aux demandeurs en situation d’urgence. Le délai varie entre 24, 72 et 48 heures. Les frais d’obtention du doc de voyage officialisent une pratique longtemps en cachette.
En Guinée, un passeport ordinaire de 5 ans de validité coûte 500 mille francs glissants et celui de 10 ans, 1 million de francs glissants pour un délai de quinze jours ouvrables ou un mois. Désormais, pour les demandeurs de passeports ordinaires en urgence, un centre spécial leur est dédié. Le 13 mai, le Premier ministre, Amadeus Oury Bah, a présidé la cérémonie d’ouverture du Centre d’enrôlement des passeports express, mis en place par le mystère de la Sécu-raté et de la protection civile, en collaboration avec Louba services.
Ahmed Mohamed Oury Diallo, ministre de la Sécu-raté a souligné que c’est « une réponse concrète à des difficultés que beaucoup de nos concitoyens ont déjà connues. Un étudiant bloqué par un retard de passeport, un voyage médical compromis, une opportunité professionnelle perdue faute de documents disponibles à temps, ces situations sont réelles et l’État doit y apporter une réponse organisée, transparente et efficace. Le passeport express est conçu pour corriger cela. »
Le PM rappelle que « le temps, c’est de l’argent. Le temps est précieux. » Selon lui, il y a des Guinéens qui estiment qu’il leur faut une « connaissance » ou [démarcheur] à la Police pour accélérer leur demande d’obtention de passeport. Désormais, « cette accélération n’a pas besoin d’une intervention externe, parce que cela peut se faire avec la confection des passeports express. »
Sauf que le coût a sensiblement grimpé par rapport au tarif en cours jusque-là. Pour obtenir le passeport ordinaire express de 5 ans en 24h, le demandeur devra casquer 1 500 000 francs glissants, trois fois le tarif normal pour un délai de deux semaines ou un mois. En 48h, il glissera 1 200 000 et en 72h, 1 000 000 de francs glissants. Pour celui de 10 ans, il déboursera 2 millions de francs glissants, pour le délai de 24h, deux fois le coût actuel, pour un délai variant entre deux semaines et un mois. Pour s’offrir le passeport ordinaire express de 10 ans en 48h, le demandeur casquera 1 700 000 francs glissants et en 72h, 1 500 000 francs glissants.
Auparavant, dans les centres d’enrôlement pour les passeports biométriques (commissariats de police), une pratique existait : pour acquérir un passeport ordinaire dans un délai de 72 heures ou moyen, le demandeur devait glisser entre 400, 500 et 600 000 francs glissants voire plus à un intermédiaire ou démarcheur. Selon la tête du « client ». La nouvelle donne mettra-t-elle fin à cette corruption dans les centres d’enrôlement pour les passeports biométriques ? L’avenir le dira.
400 passeports en 2 heures
Le 15 mai, Alhassane Fadiga, dirlo des Opérations de Louba services au Centre d’enrôlement des passeports express, déclare à votre satirique que la procédure d’obtention d’un passeport n’a pas changé : « La seule différence est que nous tenons compte de l’exigence du délai des différents demandeurs. » Il précise que le passeport express concerne les demandeurs ayant « des urgences d’affaires, des urgences médicales ou académiques. La spécificité du centre est que le délai pour obtenir un passeport a été drastiquement réduit en fonction du besoin du demandeur. Il peut l’avoir en trois ou deux jours ou en une journée, c’est cela la spécificité. » Le dirlo des Opérations précise que les frais supplémentaires pour les passeports express, sont fixés en fonction des besoins. « Pour avoir le passeport dans un délai de 24 heures, il faut payer 1 million de francs guinéen. Un passeport en 48h, c’est à 700 000 et en 72h c’est à 500 000. Le centre a l’obligation de respecter le délai pour ne pas que le demandeur puisse avoir des difficultés pour son déplacement. » Il ajoute qu’en 24h, le Centre peut confectionner jusqu’à 400 passeports, ajoutant avoir « déjà fait quelques passeports. »
Dans le centre, l’engouement n’y est pas pour autant. Les travailleurs (flics et civils) sont assis dans leurs bureaux, se tournant les pouces. Souareba Diaby vient faire sa demande pour un passeport de 72h : « Je n’ai pas eu de difficultés. J’ai été surpris par la qualité du service et c’est vraiment rapide. Je n’ai fait que 20 minutes. J’ai fourni le reçu d’Ecobank et celui du Trésor public prouvant que j’ai payé les frais supplémentaires, à travers l’application TrésorPay. » Pourvu que ça perdure.
Souleymane Bah

