Plus de 6 millions de Guinéens sont appelés aux urnes ce dimanche 31 mai pour élire leurs députés et leurs maires. Dans la commune urbaine de Pita, en Moyenne-Guinée, l’affluence n’est pas au rendez-vous ; la plupart des bureaux de vote ont ouvert avec une heure, voire deux heures de retard.
Jusqu’à 8 heures passées, des kits électoraux étaient en train d’être acheminés dans des centres de vote de la ville, mais aussi dans plusieurs localités par des pick-up. Pourtant, plusieurs électeurs avaient rallié leur bureau de vote très tôt le matin, sans trouver des membres de bureau de vote. Ce qui a suscité l’ire de certains électeurs. Alsény Sall, ronge son frein dans l’enceinte du bureau de vote installé à la Mairie, au quartier marché 1, où sont inscrits 376 électeurs. « C’est dommage. On aurait dû préparer tout cela la veille ou moins à 6 heures du matin, afin que le vote commence à 7 heures. Je vois que ces gens-là ne sont pas prêts, ce n’est pas sérieux », dénonce-t-il.
Au même moment, des membres du bureau de vote sortent à la recherche d’autres kits électoraux. Un superviseur, à bord de son teufteuf, pointe et dénonce « l’incompétence » des membres du bureau de vote, affirmant que la situation est « très sérieuse », au regard du retard de l’ouverture des bureaux de vote dans plusieurs coins et « l’incompétence » de certains agents électoraux.
Au quartier Dow-Saré, au bureau de vote Maison des jeunes de Pita, 346 électeurs sont inscrits, à 8h 10, il y avait que huit électeurs faisant le pied de grue. « Rien n’est prêt. Nous achetons des choses à nos propres frais », balance un membre du bureau de vote, sorti pour acheter un cahier, dit-il, en lieu et place d’un bloc-notes. Il y manquait aussi les fiches d’émargement et de procuration. « C’est du n’importe quoi », peste une nounou, membre du bureau de vote, expliquant les causes du retard de l’ouverture du bureau de vote à trois électeurs assis sur un banc dans la grande salle de la Maison de jeunes. Finalement, le vote y a démarré à 8 h 30, par, bien évidemment, les membres du bureau de vote.

Au compte du scrutin majoritaire uninominal et plurinominal, les électeurs de Pita éliront deux dépités à l’Assemblée nationale. Ils seront choisis entre les candidats de la Génération pour la modernité et le développement (GMD) et ceux de l’Union pour le progrès et le renouveau (UPR).
Les activités fermées
Par contre, au centre de vote Ecole privée Alpha Abdoulaye Barry, au quartier Dow-Saré, secteur Parawol, avec cinq bureaux de vote, les électeurs étaient en file, nombreux, majoritairement des nounous. Là aussi, le vote a débuté à 8h passées, pour des raisons similaires à celles évoquées ci-haut. Itou au bureau de vote de l’Ecole primaire de Guémè, dans le quartier éponyme.
Jusqu’à midi, l’ambiance était la même, presque partout à travers la ville.

Au centre de vote Collègue, au quartier Missira, des dizaines d’électeurs attendent le début du vote. Il était 9h 10. Le centre comprend quatre bureaux de vote, pour plus de 1 000 électeurs inscrits. L’engoument n’y était pas, l’affluence non plus. Même ambiance au Centre commercial, quartier Marché 2. Avec 439 électeurs attendus, ce sont quelques dizaines qui étaient devant le bureau de vote, à 9h 20. Le vote venait à peine de commencer.
En cette journée électorale à Pita, le commerce et les autres activités économiques sont presque fermés, la circulation morose. On remarque la présence des flics et pandores, mais aussi des bidasses qui ont débarqué le 30 mai. Leur poing de cantonnement : l’enceinte de la préfecture. Pas de check-point érigé à travers la ville.
Yaya Doumbouya

