C’est avec une profonde tristesse que j’ai appris le décès de Monsieur Souleymane Diallo, survenu au Canada. En tant qu’amie, je souhaite aujourd’hui m’exprimer afin de lui rendre hommage et d’adresser mes condoléances les plus sincères à l’ensemble de sa famille, à son épouse ainsi qu’à ses filles, durement éprouvées par cette disparition.

Au-delà de la douleur personnelle que suscite cette perte, il me paraît essentiel de saluer la mémoire d’un homme de presse, d’un intellectuel engagé et du fondateur du journal Le Lynx. Monsieur Souleymane Diallo incarnait une conception exigeante et courageuse de la liberté de la presse, à laquelle il demeurait profondément attaché. Son ouverture d’esprit, rare et précieuse, se manifestait dans sa pratique professionnelle quotidienne, notamment dans sa manière d’accueillir et de traiter les propositions d’articles qui lui étaient adressées.

À titre personnel, je tiens à souligner que, quels que soient les sujets que je lui soumettais dans le cadre de mes travaux d’écriture, ceux-ci étaient systématiquement accueillis avec attention et publiés dans le respect du débat intellectuel. Il a toujours défendu une ligne éditoriale fondée sur la liberté d’expression, y compris lorsqu’il s’agissait de sujets complexes, sensibles ou difficiles. Cette posture intellectuelle et journalistique mérite d’être reconnue et rappelée, tant elle est devenue rare dans certains espaces médiatiques guinéens.

Je souhaite également évoquer son rôle d’accompagnateur intellectuel dans certaines de mes recherches en anthropologie. Dans plusieurs circonstances, il n’hésitait pas à m’orienter vers des interlocuteurs pertinents, à faciliter mes mises en relation ou encore à partager ses propres analyses, contribuant ainsi à enrichir la rigueur et la systématicité de mes productions scientifiques avant leur publication. Cette disponibilité intellectuelle et humaine témoigne de sa générosité et de son sens du partage du savoir.

Au-delà de sa fonction professionnelle, je rends hommage à l’homme. Un homme d’échanges, d’écoute et de dialogue, avec lequel il était possible d’aborder librement une grande diversité de sujets. Sa simplicité relationnelle, conjuguée à une grande profondeur de réflexion, faisait de lui un interlocuteur précieux et respecté. Je souhaite également rappeler la philosophie qui guidait son engagement au sein du Lynx Guinée, et que j’espère voir perdurer : celle de ne pas céder à la censure, même face aux sujets les plus sensibles ou les plus controversés.

La Guinée, et plus largement l’espace journalistique africain, perd avec lui une figure importante de la presse indépendante, un homme qui a su défendre ses convictions avec constance et intégrité. Son engagement en faveur d’une presse libre et accessible demeure un héritage intellectuel et professionnel qui mérite d’être préservé et transmis.

Je garde également en mémoire nos échanges réguliers, notamment lorsqu’il se rendait en France et prenait le soin de me contacter afin que nous puissions nous rencontrer. Malgré l’absence de rencontre physique, nous avons maintenu un contact constant au fil des années, à travers de nombreux échanges téléphoniques, dont les plus récents encore. Ces discussions, toujours riches et stimulantes, témoignent de la continuité d’un lien d’amitié sincère et d’un respect mutuel profond.

C’est donc avec une immense peine que je m’exprime aujourd’hui, cherchant avec difficulté les mots justes pour rendre hommage à cet homme remarquable. En partageant cette douleur, je tiens à renouveler mes condoléances les plus attristées à sa famille, à son épouse et à ses enfants, auxquels je souhaite force et courage dans cette épreuve.
Que la mémoire de Monsieur Souleymane Diallo demeure vivante dans les esprits, à travers son œuvre, son engagement et les valeurs qu’il a défendues tout au long de sa vie.

Dr Yassine Kervella-Mansaré
Anthropologue et enseignante-chercheuse