L’administration Trump, qui a déjà pris des mesures pour limiter le droit du sol pour les enfants nés aux États-Unis, a communiqué le 10 juin sur le démantèlement de réseaux permettant à des femmes enceintes d’accoucher outre-Atlantique afin que leurs enfants bénéficient de la nationalité américaine. Le département d’État annonce avoir révoqué 600 visas à travers le monde dont 400 en Europe, 100 en Afrique du Nord et 100 en Afrique de l’Ouest.
Aux États-Unis, environ 25 000 naissances par an seraient liées à des femmes entrées dans le pays sur visa touristique. Des contrôles renforcés avaient déjà été annoncés en 2025 concernant le Nigeria, le Ghana, le Maroc, l’Éthiopie, l’Algérie et l’Afrique du Sud sur fond de limitation drastique d’octroi des visas.
Cette fois, le département d’État explique que « des agents consulaires ont identifié plusieurs réseaux abusant du système et y ont mis fin ». Mais pour le médecin et chercheur nigérian Adura Banke Thomas, les futures mères peuvent faire ce choix pour des raisons financières ou si la grossesse est à risque : « La mortalité maternelle au Nigeria est l’une des plus élevées au monde. Parmi les plus de 250 000 femmes mortes en couche chaque année, un tiers vient du Nigeria. »
Des agences de voyage spécialisées dans le « tourisme natal »
Des futures mères cherchent aussi à se rapprocher de leur famille émigrée. « Dans une période de globalisation, où les gens se déplacent beaucoup, certaines femmes préfèrent simplement retrouver leur famille établie à l’étranger, pour être mieux entourées lors de leur accouchement », estime Adura Banke Thomas.
Il ne faut pourtant que quelques clics pour trouver des agences de voyage africaines spécialisées dans le « tourisme natal » vers le Brésil, le Canada ou même la Barbade, des pays qui appliquent en principe le droit du sol.
Par RFI

