Pour parler comme Mamane, le célèbre chroniqueur de RFI, ce n’est pas qu’au Gondwana qu’on rencontre des envieux, des aigris. On en rencontre même en République de Bengué où tout est, paraît-il, féerique. Tenez, avez-vous bien observé le Président américain le 17 courant, sous les ors du Château de Versailles où vécut Louis XIV, le Roi Soleil, à quelques encablures de Paris. Il semble tout heureux, tout enjoué. On a compris, il jouit d’un faste qu’il n’a pas à la Maison Blanche et dont il rêve à Mar-a-Lago. Il s’enthousiasme, il s’émerveille. Il est aux anges. Beaucoup de ceux qui l’ont regardé ont ri sous cape en se souvenant de sa récente ire contre ses hôtes. Pour être lunatique, l’homme l’est. On est déjà bien loin des piques décochées contre Emmanuel et Brigitte Macron et des sarcasmes répétés contre le Président de la République Française.

 Mais on est si coutumier des voltes-faces du locataire de la Maison Blanche qu’il ne surprend plus personne. À l’issue de la conférence des chefs d’État du G7, à Évian, en France, sur les bords du Lac Leman, Trump a accepté avec empressement l’invitation du couple présidentiel français, au Château de Versailles. D’autres, gênés aux entournures, auraient décliné ou renvoyé aux calendes grecques l’invitation. Mais il y est arrivé avec la suffisance de celui qui est persuadé d’être couvert de lauriers remportés lors d’âpres combats « À vaincre sans périls, on triomphe sans gloire ». Ce n’est pas son genre.

Là, l’Oncle Sam s’inspire tout bonnement de la méthode Coué, du nom de ce médecin dont la thérapie consistait à convaincre les patients par des phrases répétitives, sans usages de médicaments qu’ils n’étaient pas malades. Trump n’a cessé de se vanter d’avoir vaincu l’Iran et ses Mollahs en détruisant leurs forces aérienne et navale. Que nenni ! Le régime islamiste autocratique des Mollahs est toujours là. L’Iran étonne par sa résilience militaire, dans les airs et en mer. Elle abat avions et hélicoptères américains et entrave la navigation dans le Détroit d’Ormuz, impunément. Le blocus des ports iraniens par des navires américains n’a pas été une réponse efficace.

Toutes ces déconvenues et ces propos incantatoires farfelus n’ont guère été suffisants pour pâlir le plaisir et le bonheur de Donald Trump à Versailles. La fête n’a pas été gâchée. Loin s’en faut. Le protocole d’accord qu’il a signé avec le Président iranien Massoud Pezeshkian et qui acte pour tant une victoire à la Pyrrhus, en rajoute à son fantasme.

A savoir si le mémorandum signé mettre fin à la guerre déclenchée contre l’Iran depuis le 28 février qui a fait de milliers de morts en Iran et au Liban.

Abraham Kayoko Doré