Les régimes politiques guinéens se succèdent au fil des décennies, chacun avec son lot de réussites ou d’échecs mêlés. Le régime du président général Fory Coco se distingue particulièrement par l’adoption du système économique libéral et par l’instauration du multipartisme.

Après avoir opté pour le multipartisme, la Guinée a vu naître une kyrielle de partis politiques aux fortunes diverses. Quelques grandes formations politiques se sont donné la main pour constituer un véritable contre-pouvoir au sein du pouvoir législatif ainsi que pour l’animation de la vie politique nationale.

Il a résulté de ce climat démocratique une adhésion massive des populations au débat public pour la défense des droits humains et autres préoccupations nationales. La liberté d’expression, soutenue par la liberté de la presse, à largement influé sur l’évolution positive du pays.

Disons que les mêmes valeurs démocratiques se sont maintenues sous la transition du Capitaine El Dadis- Général El Tigre Konaté et jusque sous le régime du Prési Alpha Grimpeur.

On a reproché hier (et encore aujourd’hui) à cette démocratie naissante d’être à l’origine des bagarres sans fin entre l’opposition et la mouvance présidentielle. Mais à qui imputer les troubles à l’ordre public, les crimes de sang ou les crimes économiques d’alors ? La répression aveugle des manifestations de l’opposition n’a été en réalité que l’œuvre des pouvoirs publics qui disposaient à leur guise les forces de défense et de sécurité. Évitons donc de jeter le bébé avec l’eau du bain, la démocratie ne saurait être assimilée à un régime de chaos.

Maintenant que cet épisode de démocratie politique relève du passé, je suis tenu de rester dans mon petit coin, ruminant mes frustrations et ma colère. J’ai dit à tous mes amis et à mon entourage de ne plus me parler de politique, je ne crois pas aux discours mielleux. Pour tout dire, je suis politiquement blasé.

O. TIERO