Après les sélections légis-tardives du 31 mai qui ont connu moins d’engouement, les dépités ont été installés dans leurs ponctions vendredi 17 juillet, avec boucan, dans la Salle des Congrès du Palais du Peuple. Flics, pandores, bidasses ont été déployés en nombre autour du coin pour, dit-on, sécuriser les lieux. 9h, embouteillage monstre à la Corniche-sud pendant que des agents des farces de l’ordre tentaient à la fois de réguler la circulation et filtrer les entrées de la cour du Palais du peuple. Sous une averse. Nul n’y avait accès sans son carton d’invitation, clamaient-ils.

Mais de nombreuses nounous habillées dans des uniformes à l’effigie du prési Doum-bouillant ou de Dansa Kourouma n’ont pas eu besoin de ce bout de papier, fragile et mal fait. Elles ont été transportées dans des magbana (minibus) jusque dans la cour, alors que les motos n’y étaient pas adamises, même celles des journaleux.

Tout au long de la cérémonie, ces femmes installées au balcon de la Salle des Congrès ont joué à l’applaudimètre jusqu’au bout. Elles criaient et chantaient la gloire de Dansa. Des dépités accompagnés de crieurs publics ont ajouté leur grain de sel à la pagaille. Le maître de cérémonie leur a beau demander de se taire, elles s’en balançaient. Et bonjour le brouhaha et la chaleur suffocante.

Dansa prési de l’Assemblée, un semblant d’élection

Le culte de la personnalité a encore de beaux jours en Guinée. Prévue à 9h, la cérémonie d’installation des dépités n’a démarré qu’à 11h30. Les élus, eux, n’ont pointé dans la Salle des Congrès qu’à 10h 35. Dansa a battu leur record, en se faisant désirer plus qu’il ne l’avait fait au CN-Thé. Il n’est arrivé qu’une heure après. Ces ouailles ont trouvé bon de l’ovationner, y compris certains dépités. Mieux, Dansa Courroux-mât a bénéficié des honneurs militaires avant de franchir la porte réservée aux officiels, alors qu’il n’était pas encore élu prési. Le prési de de l’Assemblée nationale était-il connu d’avance ? Allez savoir ! L’élection de Dansa à la tête du perchoir apparaissait comme une simple formalité. Seul candidat en lice, avant son arrivée, il se murmurait déjà dans la salle qu’il sera prési.

Peu après Dansa, le PM Amadeus Oury Bah, Amara Cas-marrant, secrétaire gênant à la présidence, Djiba Diakité, directeur de cabinet à la présidence, ont fait leur entrée. Et le bal des laïus teintés de louanges à l’endroit du prési Mamadi Doum-bouillant a démarré arguant que sans lui rien ne serait possible dans le bled. Et vint l’élection du prési de l’Assemblée nationale, peu après l’appel nominal. Ennuyant. Chaque supporter criait lorsque son dépité était appelé. Témoins de la scène, des anciens PM comme François le Faux-fuyant Fall, Ahmed Tidiane Soirée-Bal-poussière, Mohamed Fof le-Saïd, Mamady Youla, l’ex-prési de l’Assemblée nationale, Amadou Dama-ronron Camara, récemment libéré des griffes de la Crief.

Ibn Adama