Le 20 juillet, le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières, Crief, a ordonné l’ouverture d’une enquête visant les directeurs du Service national d’aménagement des points d’eau (Snape) et de l’Agence nationale de gestion des urgences et des catastrophes humanitaires (Anguch). Charles Alphonse Wright les soupçonne notamment de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux.
Après les présidents des délégations spéciales, c’est au tour de certains responsables de directions nationales de se retrouver dans le collimateur de la justice. Le directeur général de l’Office guinéen de publicité (OGP) et son adjoint sont déjà sous mandat de dépôt. Mais Charles Alphonse Wright poursuit son opération de ratissage. Il a désormais dans son viseur Fodé Kaba, directeur général du Snape, et Lancei Touré, patron de l’Anguch.
Le procureur spécial a ainsi saisi l’Office de répression des délits économiques et financiers (Ordef), la Direction centrale de la police judiciaire (Dcpj) ainsi que le Secrétariat général à la Présidence chargé des Services spéciaux et de la lutte contre le crime organisé afin d’ouvrir une enquête sur la gestion des deux responsables.
Charles Wright veut notamment faire la lumière sur l’utilisation de plus de 67 millions de dollars américains destinés à un projet d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement en milieu rural dans les régions de Moyenne et Haute-Guinée, un programme placé sous la responsabilité du Snape.
Quant à Lancei Touré, il est dans le viseur de la Crief pour la gestion de 2,5 millions de dollars américains alloués à la Guinée en décembre 2024 « pour venir en aide aux communautés les plus touchées par les inondations », selon le communiqué du parquet.
Ces fonds devaient permettre de répondre aux « besoins critiques en matière de santé, de sécurité alimentaire, d’eau, d’hygiène, d’assainissement et d’éducation dans les régions de Kankan et de Nzérékoré durement touchées par les inondations ». Une partie de l’enveloppe devait également bénéficier, sous forme de transferts monétaires, à plus de 60 000 personnes sinistrées. Le parquet de la Crief cherche désormais à déterminer si ces ressources ont effectivement atteint leurs bénéficiaires.
Si Charles Alphonse Wright semble déterminé à accélérer cette nouvelle offensive contre les présumés crimes économiques, les responsables visés, eux, préfèrent pour l’instant garder le silence.
Yacine Diallo

