Le lancement de la session de rattrapage du baccalauréat, session 2026, a eu lieu ce jeudi 20 août en Guinée. Il s’agit d’une première dans le pays, avec pour objectif de donner une seconde chance aux candidats non admis lors de la première session, mais dont les résultats sont proches de la moyenne, soit entre 8,50/20 et 9,99/20.
Ces candidats composent dans une seule matière pour certains, et dans deux ou trois matières pour d’autres, 21 jours après la publication des premiers résultats. À Coyah, 1 828 candidats sont concernés par cette session, répartis dans deux centres regroupant les communes de Sanoyah, Manéah et Coyah. Le dispositif mobilise 211 surveillants et 109 salles.
Le lancement officiel a eu lieu au groupe scolaire La Gazelle, dans la commune de Manéah, avec l’épreuve d’anglais. Après le lancement des épreuves à 9h, le préfet s’est prêté aux questions des journalistes.

« Pour la première fois en Guinée, on organise une session de rattrapage du baccalauréat pour des élèves qui ont raté une matière dans leur spécialité. Les élèves ne sont pas nombreux, mais il y a la discipline. Nous leur avons dit que cette session de rattrapage a la même valeur que la première. Et on a fait comprendre aux élèves qu’ils doivent composer en suivant les règlements intérieurs des examens en Guinée : pas de communication, pas de sortie, pas de téléphone. »
Après le centre La Gazelle, direction le centre Amadou Dieng, qui compte 27 salles. Les autorités de l’éducation y ont effectué un saut. Le directeur préfectoral de l’Éducation n’a pas souhaité s’adresser aux journaleux à sa sortie du centre.
Fodé Issiaga Cissé, l’inspecteur général de l’Éducation et superviseur du centre, a, quant à lui, expliqué ce qu’il pense de l’initiative du gouvernement, alors que certains voisins ont déjà dépassé ce stade. « On dit : mieux vaut tard que jamais. On ne s’aligne pas sur les autres pays, mais quand il y a de bonnes initiatives ailleurs, nous ne pouvons pas copier, mais nous allons nous adapter à la situation de notre pays. C’est pourquoi cette année, les autorités, comme dans les autres pays, ont pris l’initiative de faire la seconde session pour les candidats qui ne sont pas sur la moyenne. Car celui qui a eu 8 ou 9 n’est pas un mauvais élève. Donc, c’est une très bonne initiative et nous estimons que c’est bon pour les élèves, c’est bon pour les candidats, c’est bon pour les parents et nous-mêmes les enseignants qui encadrons, nous sommes contents ».

L’inspecteur lance un appel en faveur de la qualité de l’enseignement : « Nous comptons sur la jeunesse. Notre pays, déjà riche potentiellement, manque de ressources humaines pour exploiter ce domaine-là. Nous exigeons de la qualité dans l’enseignement. Donc, il ne faut pas envoyer à l’université celui qui n’a pas la moyenne… »
De la formation professionnelle à l’enseignement supérieur ?
L’ex-ministre Alpha Bacar Barry avait annoncé, le 23 juillet dernier, quelques heures avant la publication des résultats du Bac unique, qu’une session de rattrapage serait organisée, 21 jours après cette publication. Elle concerne les candidats ayant obtenu une moyenne comprise entre 8,50/20 et 9,99/20, qui bénéficient ainsi d’une seconde chance.
Selon lui, ces bacheliers, bien qu’ils jouissent des mêmes diplômes que ceux de la session ordinaire, seront orientés dans les écoles d’enseignement technique.
Mais à peine nommée, Bintou Keita, l’actuelle ministre de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de la Formation professionnelle, a annoncé que les admis auront les mêmes droits et seront donc orientés dans les établissements d’enseignement supérieur.
« Les candidats déclarés admis à la session de rattrapage du Baccalauréat unique, session 2026, bénéficieront des mêmes conditions d’orientation dans les établissements d’enseignement supérieur que les candidats admis à l’issue de la session ordinaire », a indiqué un communiqué du département.
Selon le département, après la clôture de cette session, prévue dimanche 23 août, les résultats seront publiés le 2 septembre prochain.
Mariama Dalanda Bah

