Par ces temps où les rues meurent sous les torrents tumultueux qui dévalent du mont Kakoulima sur le Grand-Cona-cris, une vraie bonne nouvelle met du baume au cœur des Guinéens. Alléluia ! Selon le rapport de la CNUCED (2025), la République de Guinée a engrangé en 2025, le pactole de 7,8 milliards de dollars en termes d’investissement direct étranger (IDE), la plaçant en tête des pays sub-saharien. Une prouesse et un record à la fois ! Notre bled brûle ainsi la politesse à des voisins généralement plus performants comme le Nigeria (4 milliards de dollars), la Côte d’Ivoire (2 milliards de dollars), le Ghana (1,9 milliards de dollars). Il en est même allé titiller, au plan continental, le géant égyptien (15,5 milliards de dollars).
La Guinée sort revigorée de sa drague de l’IDE dont l’Afrique a capté un flux de près de 70 milliards de dollars.
Si ce flux massif d’IDE dont la Guinée a bénéficié enregistre une croissance exponentielle de 450% de 2024 à 2025, c’est grâce aux investissements réalisés dans le méga-projet Simandou et à l’intensification des activités d’exploitation de la bauxite dans la région de Boké. L’exploitation du gisement de fer à haute teneur de Simandou, la construction des infrastructures de transport du minerai (chemin de fer, port), la réalisation des infrastructures requises par les activités bauxitiques, ont nécessité de lourds investissements de la part des partenaires chinois et australiens.
Même l’ami Toto sait que l’exploitation minière et les infrastructures connexes peuvent susciter l’explosion de l’IDE d’un pays. Pour éviter une baisse drastique de ce flux après la période de pic qui correspond à celle de la mise en place des infrastructures ferroviaires et portuaires, il convient d’employer cette manne comme principal levier de la construction de la transition économique qui doit permettre à la Guinée d’évoluer d’une économie minière et rurale vers une économie diversifiée et moderne, dominée par l’industrie et les services.
L’évolution économique des États du Golf (Qatar, Émirats Arabes Unis, Oman, etc.) est édifiante. Dans la perspective de l’épuisement à terme des ressources pétrolières, la base de leur formidable prospérité, ils en ont construit une économie diversifiée, tournée vers le futur, axée sur le tourisme, les loisirs, le numérique et l’intelligence artificielle dont ils sont devenus, de nos jours, d’incontournables hubs. Ces économies minières se sont progressivement transformées en économies modernes compétitives caractérisées par la répartition harmonieuse du PIB entre secteurs primaire, secondaire et tertiaire.
Le Projet Simandou avec son Programme Simandou 2040 et la société nationale Nimba Mining Compagnie sont deux leviers dont un bon usage permettra à la Guinée de réussir sa transformation économique.
Abraham Kayoko Doré

