Jugés pour « outrage à agent, violences et voies de fait », les responsables syndicaux de la Banque centrale de la République de Guinée ont été relaxés par le tribunal de première instance de Kaloum, ce vendredi 28 août. Il s’agit d’Aboubacar Sidiki Camara, Momo Camara et Aboubacar Yansané, tous trois en service à la BCRG.

Sur l’action publique, le tribunal dit que ni les éléments constitutifs du délit d’outrage, ni ceux de violences ou de voies de fait « ne sont réunis à la charge des prévenus. » Par conséquent, il prononce la relaxe des prévenus.
Par ailleurs, le tribunal déboute le ministère public de ses réquisitions. A la veuille de cette décision, le parquet avait demandé de condamner les prévenus au paiement d’un million de francs guinéens, chacun.

Sur l’action civile, le tribunal a également rejeté la demande de la partie civile relative au paiement de 100 millions de francs guinéens au titre de dommages et intérêts.

Le parquet entend faire appel du jugement.

Pour rappel, tout a commencé le 6 août quand un groupe de 12 travailleurs, membres du syndicat de la BCRG, a souhaité rencontre le Gouverneur de l’institution Karamo Kaba, à propos de leur plateforme revendicative. L’adjudent-chef Daouda Sankhon, garde du corps du Gouverneur de la BCRG, leur a bloqué l’accès au bureau de son patron au motif que les visiteurs n’ont pas pris rendez-vous. S’en suit une altercation entre les deux parties, qui a abouti à un dépôt de plainte pour « outrage à agent, violences et voies de fait », contre les syndicalistes. Ces derniers ont plaidé non coupables. « Je reconnais qu’ils ne m’ont ni insulté ni blessé et personne ne m’a touché. J’ai eu peur parce qu’ils étaient nombreux », a admis le plaignant à la barre.
Autant dire que le tribunal ne pouvait être plus royaliste que le roi.

Souleymane Bah