Radié de la magistrature le 21 août, Algassimou Diallo n’est pas sorti de l’auberge. La situation du robin, accusé de violer son serment en causant politique avec l’opposant La Petite Cellule Dalein Diallo, reste floue. 

Que devient Algassimou Diallo ? La question vaut son pesant d’or. Le désormais ex-avocat gênant près la Basse-Cour suprême n’a pas été vu en public depuis qu’il aurait répondu à une convocation du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), concernant un audio qui lui est attribué. Dans cet enregistrement non encore authentifié, le robin et l’opposant évoquent la confiscation du pouvoir par le régime Doum-bouillant. Depuis, l’on se demande quel sort est réservé à l’ancien pro-crieur de la roue-publique lors du procès du massacre du 28-Septembre 2009.  

Le mystère de la Fustige s’est contenté de le suspendre avant d’entériner sa révocation prononcée par le Conseil supérieur de la magistrature (CSM). Le parquet gênant près la Cour d’appel de Cona-cris, qui a interdit au robin de sortir du bled, se mure lui aussi dans le silence. L’on ignore donc s’il y a une procédure judiciaire en borgne et dure forme le concernant, son interpellation et son audition ne faisant l’objet d’aucune communication.  

Ce qui est sûr, Algassimou Diallo n’est plus chez lui. Le 27 août, une rumeur faisant état de son audition devant la Basse-Cour suprême a circulé. Sans toutefois n’être confirmée ni par la plus haute juridiction du bled, ni par ses con(.)frères de l’Association des magistrats de Guinée (AMG), encore moins ses proches. Ces derniers n’auraient d’ailleurs plus ses nouvelles depuis qu’il aurait atterri au Haut commandement de la gendarmerie nationale. « Nous ne pouvons pas confirmer sa présence à la Cour suprême, parce que nous ne savons pas ce qui se passe autour de lui », confie un proche. 

Quid de la confraternité ? 

Celui-ci se dit cependant convaincu que son parent est entre les mains des autorités : « Il a répondu à une convocation de sa hiérarchie. Ils l’ont arrêté et détenu à la Direction centrale des investigations judiciaires de la gendarmerie nationale (DCIJ-GN). Ses téléphones sont avec les personnes qui le détiennent, ouverts. Quand tu appelles, quelqu’un d’autre décroche. »  

Le proche refuse, par ailleurs, de croire aux accusations portées contre le robin : « Nous, ici, savons qu’il ne discute même pas de nos problèmes de famille au téléphone. C’est une telle personne qui peut se laisser enregistrer dans une conversation, de surcroît avec un opposant ? Qu’on nous dise ce qu’on lui reproche réellement. » 

Peu de gens se hasardent à évoquer publiquement la situation d’Algassimou Diallo. Par peur de représailles des autorités, la sensibilité du dossier ? Mystère et boule de gomme. Au sein de l’Association des magistrats de Guinée (AMG), aucune prise de parole publique depuis que le magistrat est tombé en disgrâce. « Nous avons décidé de ne pas communiquer pour le moment. L’affaire est trop sensible. Nous essayons de la gérer comme nous pouvons », confie un responsable de l’AMG.  

Ce dernier assure cependant que la corporation ne laissera pas tomber son con(.)frère : « C’est l’un des nôtres, nous le soutenons dans cette épreuve. Nous ferons tout ce que nous pouvons pour le tirer de cette affaire. » Notre interlocuteur assure que le robin aurait déjà bénéficié du soutien de l’AMG lors de son audition devant le Conseil supérieur de la magistrature : « Il a été entendu en présence de nos représentants. Rassurez-vous, il n’est pas abandonné. »  

Ainsi, soit-il ! 

Yacine Diallo