Le Projet d’appui à l’Agence nationale de financement des collectivités locales (PANAFIC) entre dans une nouvelle phase avec l’ouverture, le 22 septembre à Conakry, d’un atelier consacré à la capitalisation de ses acquis. Organisée par l’Agence nationale de financement des collectivités locales (ANAFIC), en collaboration avec le gouvernement guinéen et l’Agence française de développement (AFD), la rencontre vise à tirer les enseignements de six années de mise en œuvre du projet.
Durant les travaux, les participants, maires, sous-préfets, préfets, gouverneurs ou encore représentantes de groupements de femmes bénéficiaires des projets, sont appelés à revenir sur les réalisations du PANAFIC. Ils sont censés étaler les difficultés rencontrées et les pratiques susceptibles d’être reproduites ou améliorées dans les futurs programmes d’appui au développement local. Pour Sékou M’Mawa Touré, le directeur général de l’ANAFIC, le PANAFIC s’inscrit dans une démarche visant à renforcer durablement les capacités des collectivités décentralisées et à améliorer les mécanismes de financement du développement local : « Le PANAFIC s’inscrit dans la volonté de renforcer les capacités des collectivités décentralisées, d’améliorer les mécanismes de financement du développement local et de rapprocher davantage l’action publique des populations. »
L’exercice de capitalisation ne doit toutefois pas être réduit à un simple inventaire des réalisations. Il s’agit, selon les organisateurs, d’analyser les résultats obtenus afin de mieux préparer les prochaines interventions : « Capitaliser, ce n’est pas simplement faire le bilan. C’est identifier ce qui a fonctionné, comprendre les difficultés rencontrées, valoriser les bonnes pratiques et dégager les améliorations nécessaires pour l’avenir », a souligné Sékou M’Mawa Touré.
De l’appui aux communautés au renforcement de l’ANAFIC
Représentant l’Agence française de développement à l’atelier, Moussa Doumbouya a rappelé l’évolution du projet. Initialement conçu comme un projet d’appui aux communautés villageoises, le PANAFIC a progressivement contribué, selon lui, au renforcement des capacités de l’ANAFIC et des collectivités locales : « Je voudrais dire que le projet PANAFIC a été une réussite. Il s’agit d’une réussite globale, qui a permis d’atteindre les territoires les plus éloignés de la Guinée. »

L’intervention du projet a notamment porté sur la mise en place et l’amélioration d’outils destinés à accompagner les collectivités dans la gestion, la planification, l’exécution et le suivi des financements. L’AFD met aussi en avant l’accompagnement apporté à l’élaboration des plans de développement local et des programmes annuels d’investissement. La prise en compte des enjeux climatiques dans les interventions des collectivités figure aussi parmi les acquis mis en avant.
Dix millions d’euros consommés
La ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Djénabou Touré, a, pour sa part, dressé un bilan chiffré du projet. Elle annonce que les dix millions d’euros mobilisés dans le cadre du PANAFIC ont été entièrement utilisés et la majorité des objectifs fixés au lancement du projet ont été atteints : « Le PANAFIC a tenu parole. Sur les dix millions d’euros engagés, la totalité a été utilisée. La plupart des objectifs que nous nous étions fixés ont été atteints. » Elle a également indiqué que plus de cinq millions de Guinéens, « majoritairement des femmes », auraient bénéficié des interventions du projet à travers différents investissements au niveau local. Parmi les réalisations, « une centaine de microprojets livrés aux populations. Ceux-ci comprennent notamment des écoles, des postes et centres de santé clôturés et électrifiés ainsi que des points d’eau. Le projet a également accompagné la mise en place d’unités de fabrication de savon gérées par des groupements de femmes. Des actions ont par ailleurs porté sur la protection des têtes de source et des forêts par les communautés elles-mêmes. »
Autre acquis vanté par la ministre : l’équipement informatique des collectivités décentralisées : « L’ensemble des collectivités ont ainsi été dotés d’ordinateurs, permettant notamment aux communes de présenter, pour la première fois, leurs comptes de gestion à partir d’un outil numérique. »
Tirer les leçons pour la suite
Au-delà des infrastructures et des équipements, l’enjeu de l’atelier est donc de mesurer ce que ces interventions ont effectivement changé dans le fonctionnement des collectivités et dans leurs relations avec les populations. La capitalisation doit donc permettre de distinguer les dispositifs ayant produit des résultats, de ceux ayant rencontré des limites, d’en comprendre les raisons et d’identifier les ajustements nécessaires pour les prochaines politiques de décentralisation et de développement local : « Nous ne sommes pas ici pour célébrer. Nous sommes ici pour apprendre. Capitaliser, c’est regarder ce qui a réussi et comprendre pourquoi. C’est aussi regarder ce qui a résisté et en tirer les conséquences. »
Au terme des travaux, les enseignements tirés des six années du PANAFIC devraient ainsi servir de référence pour la conception et la mise en œuvre de futurs programmes destinés à renforcer les collectivités locales et à rapprocher davantage les services publics des populations.
Yacine Diallo

