Alors que l’ancien ministre des Mines est poursuivi pour ‘’abus de confiance’’ dans une autre affaire à la Cour de répression des infractions économiques et financières (Crief), Ahmed Kanté, fait encore face à un nouveau démêlé judiciaire. La juridiction a ordonné l’ouverture d’une enquête préliminaire visant l’ancien ministre des Mines, reconverti en opérateur minier, pour des soupçons d’évasion fiscale, de blanchiment de capitaux, de corruption et de manipulations financières internationales.
Le patron de AGB2A-GIC aura à se justifier devant la Chambre de jugement de la Crief sur ces accusations portées contre sa personne. Selon nos confrères d’Avenirguinee.org, la décision d’investigation fait suite à une dénonciation enregistrée lundi 5 octobre sous le numéro 448. Ahmed Kanté est soupçonné d’avoir tissé un partenariat commercial avec le club de football chypriote Doxa Katokopias FC et d’en être le sponsor principal. Le parquet spécial de la Crief demande à l’Office de répression des délits économiques et financiers (Ordef) de tirer cette affaire au clair : vérifier la légalité des paiements, tracer les montants, leur destination finale, ainsi que leur enregistrement comptable et fiscal.
« La dénonciation pointe du doigt de possibles manœuvres de prix de transfert. Selon les éléments transmis aux enquêteurs, la bauxite extraite du sous-sol guinéen aurait été vendue à des entités intermédiaires à des prix artificiellement minorés par rapport aux cours réels du marché mondial. Cela aurait permis de déplacer une partie importante des profits hors du système fiscal guinéen avant toute imposition », écrit le confrère. Déjà, selon Avenirguinee.org, la Crief a instruit les officiers de police judiciaire de traquer l’existence d’éventuelles sociétés écrans, de bénéficiaires effectifs dissimulés ou de liens capitalistiques cachés entre AGB2A-GIC et d’autres entités étrangères.
En outre, le 5 octobre, le procès impliquant l’ancien ministre des Mines et trois autres coprévenus a été renvoyé au 19 octobre, par la Chambre de jugement de la Crief. Ils sont poursuivis dans une affaire de « détournement de deniers publics, prise illégale d’intérêts, blanchiment de capitaux, escroquerie, déclaration irrégulière aux souscriptions et versements, enrichissement illicite et complicité ». Le dossier les oppose, entre autres, à la famille Lorcy, représentée par Fatoumata Dramé, la partie civile.
Yaya Doumbouya

