​À l’approche des sélections des conseillés régionaux et des sénateurs prévues respectivement les 29 novembre et 20 décembre prochains, Djénabou Touré, ministre de l’Administration du trottoir et de la décentralisation est en tournée dans l’arrière-bled. En plus de sa mission « d’évaluer le fonctionnement des services déconcentrés de l’État et des collectivités territoriales », elle semble préparer le populo de Kankan autour de ces scrutins. En tout cas, la Zé a eu des maux pour les influenceurs « insulteurs » sur la toile.

Après Ibrahima Sory 2 Tounkara, ministre de la Justice et des droits de l’Homme, de sillonner la Haute-Guinée, la ministre de l’Administration du trottoir et de la décentralisation (MATD) lui emboîte le pas. Le 14 octobre, Djénabou Touré était l’hôte du buisson de Kankan. Histoire « d’évaluer le fonctionnement des services déconcentrés de l’État et des collectivités territoriales, apprécier les réalités administratives, économiques et sociales sur le terrain, identifier les difficultés rencontrées par les autorités territoriales afin d’y apporter des solutions concrètes, en étroite collaboration avec les acteurs locaux, échanger avec les populations ». Excusez du peu !

À Kankan, fief de la Génération pour la modernité et le développement (GMD), autorités administratives et locales, jeunes et sages étaient à l’écoute de la Zé du MATD. Face à ces derniers, la ministre dénonce les attaques et les injures de certains vlogueurs sur les réseaux sociaux : « Tout le monde est sur les réseaux sociaux, tout le monde est sur Facebook. Les gens s’insultent, insultent les mamans et les papas. Cela ne fait pas partie de nos valeurs et de nos cultures ». Pour elle, un ministre de la République qui « recrute » un communicant, une fois que celui-ci « injurie, le ministre doit le mettre en garde ou être le premier à le mettre en prison, pour qu’il sache que ce qu’il a fait n’est pas bon. Ainsi, il ne va pas refaire à autrui ».

Des aigris lui rétorquent que des soutiens du régime actuel insultent publiquement en longueur de journée sur les réseaux sociaux, sans qu’ils ne soient inquiétés. Djénabou Touré rappelle tout de même qu’il existe des sanctions prévues par la loi : « Il y a une loi en Guinée qui sanctionne les injures. Même prendre la photo de quelqu’un et la publier sans son consentement est aussi interdit par la loi ». Elle estime que si tous les insulteurs publics sont jugés, « les tribunaux et les prisons seront remplis. Nous ne voulons pas cela ». Ouille !

Elle a vanté les communicants qui prennent le temps de s’informer avant d’ergoter sur les réseaux sociaux et flétrit ceux qui font le contraire, jugeant leur acte « anormal ».

À savoir si la consigne de la patronne du MATD sera respectée.

Souleymane Bah