Un jeune entrepreneur développe un boîtier connecté pour faciliter l’accès à l’électricité dans les zones mal desservies et créer un revenu complémentaire pour les producteurs.
À 22 ans, le Guinéen Foula Fofana a développé un boîtier connecté capable de mesurer et de redistribuer le surplus d’électricité produit par des installations solaires à des foyers voisins. Baptisée « SoliBox », la solution développée à Conakry veut faciliter l’accès à une énergie locale tout en valorisant une production solaire autrement sous-utilisée.
Le dispositif se branche en aval d’une installation solaire existante et mesure en temps réel les flux électriques. Il permet ensuite de piloter la redistribution du surplus disponible, sans nécessiter l’ajout d’une batterie ou la modification de l’installation existante. Il cible notamment les propriétaires d’installations solaires disposant d’une capacité disponible, mais aussi les foyers, commerces et ateliers voisins confrontés à un accès peu fiable à l’électricité.
Une application mobile complète le système. Elle permet aux utilisateurs de suivre leur production et leur consommation, de gérer les échanges d’énergie et d’effectuer les transactions entre eux, notamment via le mobile money.
Un impact triple
« Plutôt que de chercher uniquement à produire davantage d’énergie, pourquoi ne pas mieux utiliser celle qui existe déjà ? », explique Foula, étudiant en génie informatique, dans un entretien accordé à la dpa.
Le principe est de permettre, lorsque les conditions techniques et réglementaires le permettent, à un propriétaire d’installation solaire de partager une partie de son énergie disponible avec des foyers ou de petites structures situées à proximité. Pour le producteur, cette énergie excédentaire peut ainsi devenir une source de revenu complémentaire. Pour les utilisateurs voisins, elle représente une possibilité d’accéder à une électricité locale.
Le projet s’inscrit dans un contexte où une partie importante de la population guinéenne reste éloignée d’un accès régulier au réseau électrique. L’impact recherché est triple, avec l’amélioration de l’accès à l’électricité, la création d’un revenu complémentaire pour les foyers producteurs et la réduction du recours aux groupes électrogènes ainsi que du gaspillage du surplus solaire.
Du prototype aux premiers tests
Le projet est né à l’été 2025 au sein de l’Orange Digital Center Guinée, dans le cadre de l’Orange Summer Challenge, alors que Fofana y effectuait un stage. Il est aujourd’hui porté par Team Nimba, une équipe pluridisciplinaire de cinq personnes, et incubé à Orange Fab Guinée.
Les projections de SoliBox situent à environ 324 000 francs guinéens par mois le revenu potentiel d’un foyer disposant d’une installation de trois kilowatts et partageant 40 pour cent de son surplus. L’objectif est de connecter une centaine de foyers d’ici 2028.
La prochaine étape consiste à installer les deux premiers boîtiers et à mesurer leur fonctionnement dans des conditions réelles. L’équipe souhaite ensuite déployer progressivement la solution en Guinée et construire un réseau local reliant producteurs et consommateurs d’énergie solaire.
À plus long terme, SoliBox veut exploiter les données produites par les installations afin d’améliorer la gestion de l’énergie et d’intégrer davantage d’intelligence dans son dispositif. L’innovation a récemment reçu le Prix Orange de l’Entrepreneur Social en Afrique et au Moyen-Orient 2026.
Dpa (Agence de presse allemande)

