Le 31 octobre à Kankan, le Syndicat national de l’éducation (SNE), a célébré en différé la Journée mondiale des enseignants. Six revendications « urgentes » ont été brandies à l’effet de sortir des enseignants de la précarité et de « sauver » l’école guinéenne.
À Kankan, les autorités administratives et éducatives ainsi que des syndicalistes venus des différentes préfectures de la région administrative se sont réunis dans l’enceinte de la Maison des jeunes. Histoire de célébrer en différé la Journée mondiale des enseignants. Michel Pépé Balamou, le secrétaire général du SNE, a rappelé que la Journée des enseignants s’inscrit dans le cadre de la revalorisation de la profession enseignante. Pour lui, leur profession est aujourd’hui confrontée à une « mauvaise perception sociale, à la crise des apprentissages et à la pénurie d’enseignants. » Il est « urgent » de corriger les maux, de rompre avec les réformes sans accompagnement suffisant et d’engager une refondation structurelle pour sauver l’école publique guinéenne.
Le recrutement à la Fonction publique de 6 000 enseignants suite à la reprise des négociations, le 10 octobre, entre l’intersyndicale de l’éducation et le ministère de la Fonction publique, a calmé les nerfs.
Toutefois, à Kankan, le SNE a formulé six revendications qu’il juge « prioritaires et non négociables » : adoption et application du Statut particulier de l’enseignant, régularisation des situations administratives, paiement régulier des primes de fonction, liquidation des arriérés de salaire des collectivités, accélération du reclassement des enseignants et mettre fin à la commercialisation de l’école et hausse du budget public.
Par exemple, le paiement régulier des primes de fonction, il s’agit, selon le SNE, de régler intégralement et à date fixe les primes dues aux cadres et personnel du système éducatif. Pour la liquidation des arriérés de salaire des collectivités, Pépé Balamou souligne qu’il faut mettre un terme définitif aux impayés des enseignants évoluant au niveau local et solder l’intégralité des sommes dues.
Le syndicat dirigé par Michel Pépé Balamou précise que les enseignants ne demandent pas de faveur, mais réclament le respect de leurs droits, l’application des textes, le paiement des sommes dues et la reconnaissance effective de leur contribution à la formation des générations futures.
Dans une communication postée sur sa page Facebook le 1er novembre, le ministère de l’Éducation nationale et de l’alphabétisation a salué la mobilisation des enseignants autour de la Journée internationale. « Tout au long de cette semaine, vos organisations syndicales ont tenu à célébrer la profession. Nous saluons cette mobilisation qui s’est achevée le 31 octobre. Elle dit votre attachement à votre métier et votre fierté de servir. Elle dit aussi vos attentes, que nous entendons et que nous respectons. Nous voulons vous dire, au nom du Gouvernement, toute notre reconnaissance : à l’institutrice qui apprend à lire dans une classe surchargée, au professeur qui parcourt de longues distances pour rejoindre son établissement, au formateur des centres techniques qui prépare les jeunes aux métiers de demain ». Ce message du département de l’enseignement suffira-t-il seul à calmer les nerfs ? Wait and see.
Souleymane Bah

