Le 1er avril, Seif Magango, porte-parole du Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, a demandé au prési Mamadi Doum-bouillant d’annuler la grâce qu’il a accordée au capitaine El Dadis.
Condamné le 31 juillet 2024 à 20 ans de gnouf par le tribunal criminel de Dixinn pour sa responsabilité dans le massacre du 28 septembre 2009, Moussa Dadis Camara a été gracié le 28 mars par le Prési de la transition. La grâce continue de faire couler encre et salive, tant en Guinée qu’à l’étranger. Après les ONGs, (FIDH, OGDH, AVIPA,) qui craignent que la décision mette « en péril le processus de justice en cours au mépris des victimes du massacre du 28 septembre 2009 », le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’homme leur emboîte le pas. Cette agence des Nations unies estime que cette grâce soulève de « graves préoccupations quant au respect, par les autorités de transition, du droit à un procès équitable et de l’état de droit, et méconnaît le droit des victimes à des recours effectifs. Cette décision devrait être annulée ».
Seif Magango estime que la grâce présidentielle accordée à El Dadis sape les procédures judiciaires nationales et contrevient aux principes internationaux des droits de l’homme, qui insistent sur le droit des victimes à des recours effectifs ainsi que sur l’obligation des États à protéger et garantir les droits humains et de lutter contre l’impunité.
Cette libération de l’ancien prési de la transition est qualifiée par certains de « politique », visant à conquérir l’électorat de la Guinée-Forestière, (région d’origine d’El Dadis) au cas où Mamadi Doum-bouillant serait candidat à l’élection présidentielle.
Pour rappel, Moussa Dadis Camara a été condamné l’année dernière pour crimes contre l’humanité suite au massacre perpétré par des éléments forces de défense et de sécurité le 28 septembre 2009. Ils avaient tué plus de 150 Guinéens, violé plus de 100 femmes et fait des centaines de disparus, lors d’un rassemblement de l’opposition en 2009 au stade 28-Septembre à Dixinn.
Souleymane Bah