Dans la matinée de ce mercredi 2 avril, les travailleurs parlementaires ont fait un sit-in à l’enceinte du Palais du peuple, siège du parlement de la transition, pour protester contre la décision du Secrétaire général de l’institution d’évaluer le personnel. Une mesure visant à réduire le nombre des travailleurs, dit-on.
Si les travailleurs sont d’accord sur le principe d’évaluation, ils rejettent ce qui s’apparente à une réduction de leur nombre. Ils jugent la mesure injuste, du fait que nombreux d’entre eux ont acquis cet emploi il y a 5, 10 et 20 ans. S’il y a eu pléthore, le CNT (Conseil National de la Transition) en serait le responsable, pour avoir fait des recrutements dès son arrivée, accuse-t-on.
Pour Ismaël Gassim Kalissa, secrétaire général du Syndicat de l’administration parlementaire, on ne peut mettre fin à un contrat de travail sur la base d’une simple évaluation, à partir du moment où leur emploi est déjà un droit acquis. «Nous ne sommes pas contre le principe d’évaluation des fonctionnaires parlementaires, mais une évaluation a pour objectif de corriger les insuffisances, une évaluation ne se fait pas pour mettre fin au contrat des travailleurs. Donc, vous ne pouvez pas à partir d’une simple évaluation, rejeter les gens comme des malpropres. Nous sommes venus passer le message à la classe ouvrière ». Selon lui, le président du CNT Dansa Kourouma est déjà saisi et espère que celui-ci, hors du pays, résoudra le problème.
Seulement voilà, de nombreux travailleurs pensent l’évaluation annoncée n’est qu’un prétexte pour « esquiver » la situation de leurs primes qui seraient « détournées depuis 2014 ». Un travailleur ayant souhaité garder l’anonymat a expliqué, qu’à travers le système FUGAS, les travailleurs ont découvert qu’ils auraient dû recevoir 6 millions de francs guinéens en lieu et place des 1 million 500 mille francs guinéens qu’ils perçoivent. « Le système FUGAS avait mis en place un assainissement du fichier général, c’est comme cela que nous nous sommes retrouvés avec des bulletins de paie de 6 millions de francs guinéens ». Depuis deux mois, une commission d’enquête serait mise en place, pour élucider la situation, mais jusque-là, elle n’aurait rien fait encore.
Les travailleurs estiment que pour contourner ce problème de détournement au lieu de les rétablir dans leurs droits, l’administration parlementaire aurait sorti cette affaire d’évaluation.
« Il faut éviter l’amalgame »
Aboubacar Camara, secrétaire général du CNT, affirme que « c’est dans l’ordre normal des choses que d’engager des réformes pour une administration performante. » C’est pourquoi, il envisage d’organiser une évaluation générale, afin « d’identifier les agents aptes à leurs fonctions et capables d’assurer un accompagnement de qualité des conseillers nationaux. » Et d’ajouter : « J’apporte un démenti le fait de dire que c’est une façon de dégraissage du personnel. Mais je comprends, de façon générale, dans l’administration, les gens n’aiment pas parler d’évaluation. Pourtant, même le gouvernement est évalué, c’est ce qui va rendre efficace le travail ». Selon lui, « l’affaire de détournement ne s’est passée » au temps du CNT actuel. L’affaire avait éclaté en janvier dernier, si l’évaluation annoncée est « pour l’étouffer, c’est en ce moment que cela allait se passer. Nous ne sommes pas mêlés à cette affaire de détournement, réitère Aboubacar Camara. Cela s’est passé il y a une décennie, une commission d’enquête a été constituée à partir du haut niveau où eux-mêmes les travailleurs parlementaires ont un représentant ».
C’est pourquoi, il invite les travailleurs à éviter l’amalgame, parce que « la démarche vise à améliorer de façon continue l’administration parlementaire et la valorisation des compétences. » Amen !
Ibn Adama