Les leaders de trois partis politiques Nouvelle Guinée (NG), Rassemblement pour la république (RPR) et Rassemblement pour la renaissance et le développement (RRD) ont animé une conférence de stress ce jeudi 3 avril à la maison de la paresse, au quartier Minière. Au menu, la situation sociopolitique du bled, notamment la fixation de la date du référendum et l’évaluation des partis politiques.

 S’il se réjoui de la fixation de la date du  référendum, Diabaty Doré, président du RPR se dit sceptique quant au respect de la date du 21 septembre, à cause de multiples préalables. « Le trio se prépare, mais nous sommes pessimistes par rapport à la date, parce qu’il y a trop de choses à faire avant le 21 septembre. Aujourd’hui, on parle d’élections en Guinée, mais est-ce que les préalables sont épuisés pour qu’on puisse aller à une élection transparente, crédible ? L’article 180 de l’avant-projet de nouvelle Constitution stipule que c’est un organe technique : Organe de gestion des élections (OGE) qui doit organiser les élections. On fixe la date, on ne sait pas d’abord comment l’OGE va être mis en place ? On ne sait pas avec quel fichier on fera cette élection ? Est-ce qu’il y a un  Code électoral ? Le dialogue que nous avons toujours demandé, jusqu’à présent les Guinéens ne sont pas appelés autour de la table. On ne peut pas aller aux élections tant qu’on ne s’entend pas. » Il craint la répétition des erreurs du passé. Le président du RPR demande au Premier ministre, Amadeus Oury Bah, de tout faire pour que les acteurs sociopolitiques se retrouvent autour de la table, pour discuter des questions électorales. Il invite ses militants à se préparer. « A partir du moment où nous avons l’autorisation d’exercer, nous demandons à nos militants et sympathisants de se mobiliser, d’aller vers la population, d’expliquer nos projets de société ».

Abdoulaye Kourouma, président du RRD, a rappelé que c’est la question du fichier électoral qui a amené des contestations électorales. C’est pourquoi, il invite les autorités à associer les acteurs politiques, lorsque le fichier électoral est en train d’être élaboré, lorsque les kits sont commandés. « On ne communique pas. Est-ce que c’est le budget national qui a été utilisé, pour acheter les kits ? Est-ce que c’est un don ? Cela veut dire qu’ils ont des comptes à rendre, parce que la population a droit de savoir. Les acteurs sociopolitiques devaient être informés et associés à la réception des kits, parce qu’il s’agit d’organiser des élections ». Pour le patron du RRD, le dialogue est nécessaire pour définir l’organe chargé d’organiser les élections et l’élaboration du fichier électoral. On parlera de transition réussie lorsqu’il y aura passation pacifique du pouvoir. « Le gouvernement ne peut pas être seul à la hauteur d’organiser les élections, s’il n’associe pas les acteurs sociopolitiques ». Parlant de l’évaluation des partis politiques, même s’il est d’accord que l’Etat veille à leur fonctionnement, Abdoulaye Kourouma affirme que ce n’est pas à son avantage que les partis essentiels censés animer le débat politique soient éliminés du processus en cours.

Ibn Adama